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mercredi 18 janvier 2017

drame

Alex a 27 ans, et mène une vie quelque peu chaotique. A Paris, il est devenu un dealer rodé aux rouages du trafic de drogue. Il vit dans l'ombre de son frère Isaac, un garçon destructeur qui est vite passé du rôle de soutien à celui de fardeau. Quand son cousin lui annonce qu'il compte ouvrir un restaurant à Tel-Aviv, Alex entrevoit enfin un avenir radieux, une solution à ses soucis. Mais avant de faire ses bagages, il doit trouver de l'argent, et dire adieu à tout ce qu'il a construit jusqu'ici. Paris, cette ville qu'il adore, Esther, son ancien amour, son meilleur ami Mathias, et Jeanne, cette fille qu'il vient à peine de rencontrer....

Année : 2012

De : Elie Wajeman

Avec : Pio Marmaï, Cédric Kahn, Adèle Haenel, Guillaume Gouix, Sarah Le Picard, David Geselson, Olivier Desautel, Jean-Marie Winling

jeudi 26 janvier 2017

drame

Alex a 27 ans, et mène une vie quelque peu chaotique. A Paris, il est devenu un dealer rodé aux rouages du trafic de drogue. Il vit dans l'ombre de son frère Isaac, un garçon destructeur qui est vite passé du rôle de soutien à celui de fardeau. Quand son cousin lui annonce qu'il compte ouvrir un restaurant à Tel-Aviv, Alex entrevoit enfin un avenir radieux, une solution à ses soucis. Mais avant de faire ses bagages, il doit trouver de l'argent, et dire adieu à tout ce qu'il a construit jusqu'ici. Paris, cette ville qu'il adore, Esther, son ancien amour, son meilleur ami Mathias, et Jeanne, cette fille qu'il vient à peine de rencontrer....

Année : 2012

De : Elie Wajeman

Avec : Pio Marmaï, Cédric Kahn, Adèle Haenel, Guillaume Gouix, Sarah Le Picard, David Geselson, Olivier Desautel, Jean-Marie Winling

mardi 21 février 2017
mercredi 29 mars 2017
lundi 15 mai 2017

drame

Mona, M. Déloyal, François, Marion, Inès et Chignol forment une famille libre, un peu déjantée, unie par la passion du théâtre. Ensemble, ils sillonnent les routes de France pour y donner des représentations dans la rue. Cette vie de bohème est un choix assumé pour refuser une existence de bourgeois. Mona tombe enceinte et se blesse lors d'un numéro. Lola débarque pour la remplacer. L'arrivée de cet ancien amour de François provoque la jalousie de sa compagne...

Année : 2015

De : Léa Fehner

Avec : Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas, Philippe Cataix, Christelle Lehallier

mercredi 7 juin 2017

drame

Mona, M. Déloyal, François, Marion, Inès et Chignol forment une famille libre, un peu déjantée, unie par la passion du théâtre. Ensemble, ils sillonnent les routes de France pour y donner des représentations dans la rue. Cette vie de bohème est un choix assumé pour refuser une existence de bourgeois. Mona tombe enceinte et se blesse lors d'un numéro. Lola débarque pour la remplacer. L'arrivée de cet ancien amour de François provoque la jalousie de sa compagne...

Année : 2015

De : Léa Fehner

Avec : Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas, Philippe Cataix, Christelle Lehallier

drame

Mona, M. Déloyal, François, Marion, Inès et Chignol forment une famille libre, un peu déjantée, unie par la passion du théâtre. Ensemble, ils sillonnent les routes de France pour y donner des représentations dans la rue. Cette vie de bohème est un choix assumé pour refuser une existence de bourgeois. Mona tombe enceinte et se blesse lors d'un numéro. Lola débarque pour la remplacer. L'arrivée de cet ancien amour de François provoque la jalousie de sa compagne...

Année : 2015

De : Léa Fehner

Avec : Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas, Philippe Cataix, Christelle Lehallier

mercredi 14 juin 2017

drame

Enfant, Suzanne danse sur scène parmi d'autres fillettes et rayonne de fierté sous le regard de son père, Nicolas, et sa jeune soeur, Maria. Chauffeur routier, veuf, Nicolas se consacre à ses filles, qu'il préfère élever seul. Les années passent. Lycéenne, Suzanne, enceinte, décide de garder son enfant, bravant l'incompréhension de son père. Le petit Charly grandit. Entre Suzanne et Maria, la complicité reste très forte, même si Maria mûrit davantage. Sur un champ de courses, Suzanne rencontre Julien, un mauvais garçon séduisant. L'amour qui les unit est si profond que Suzanne s'enfuit, abandonnant Charly. Nicolas et Maria ne la revoient, deux ans plus tard, que dans le prétoire d'un tribunal...

Année : 2013

De : Katell Quillévéré

Avec : Sara Forestier, Lola Dueñas, François Damiens, Adèle Haenel, Corinne Masiero, Paul Hamy, Anne Le Ny, Fanie Zanini

lundi 19 juin 2017

drame

Mona, M. Déloyal, François, Marion, Inès et Chignol forment une famille libre, un peu déjantée, unie par la passion du théâtre. Ensemble, ils sillonnent les routes de France pour y donner des représentations dans la rue. Cette vie de bohème est un choix assumé pour refuser une existence de bourgeois. Mona tombe enceinte et se blesse lors d'un numéro. Lola débarque pour la remplacer. L'arrivée de cet ancien amour de François provoque la jalousie de sa compagne...

Année : 2015

De : Léa Fehner

Avec : Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas, Philippe Cataix, Christelle Lehallier

drame

Mona, M. Déloyal, François, Marion, Inès et Chignol forment une famille libre, un peu déjantée, unie par la passion du théâtre. Ensemble, ils sillonnent les routes de France pour y donner des représentations dans la rue. Cette vie de bohème est un choix assumé pour refuser une existence de bourgeois. Mona tombe enceinte et se blesse lors d'un numéro. Lola débarque pour la remplacer. L'arrivée de cet ancien amour de François provoque la jalousie de sa compagne...

Année : 2015

De : Léa Fehner

Avec : Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas, Philippe Cataix, Christelle Lehallier

drame

Mona, M. Déloyal, François, Marion, Inès et Chignol forment une famille libre, un peu déjantée, unie par la passion du théâtre. Ensemble, ils sillonnent les routes de France pour y donner des représentations dans la rue. Cette vie de bohème est un choix assumé pour refuser une existence de bourgeois. Mona tombe enceinte et se blesse lors d'un numéro. Lola débarque pour la remplacer. L'arrivée de cet ancien amour de François provoque la jalousie de sa compagne...

Année : 2015

De : Léa Fehner

Avec : Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas, Philippe Cataix, Christelle Lehallier

mercredi 28 juin 2017

drame

Enfant, Suzanne danse sur scène parmi d'autres fillettes et rayonne de fierté sous le regard de son père, Nicolas, et sa jeune soeur, Maria. Chauffeur routier, veuf, Nicolas se consacre à ses filles, qu'il préfère élever seul. Les années passent. Lycéenne, Suzanne, enceinte, décide de garder son enfant, bravant l'incompréhension de son père. Le petit Charly grandit. Entre Suzanne et Maria, la complicité reste très forte, même si Maria mûrit davantage. Sur un champ de courses, Suzanne rencontre Julien, un mauvais garçon séduisant. L'amour qui les unit est si profond que Suzanne s'enfuit, abandonnant Charly. Nicolas et Maria ne la revoient, deux ans plus tard, que dans le prétoire d'un tribunal...

Année : 2013

De : Katell Quillévéré

Avec : Sara Forestier, Lola Dueñas, François Damiens, Adèle Haenel, Corinne Masiero, Paul Hamy, Anne Le Ny, Fanie Zanini

vendredi 7 juillet 2017

drame

Mona, M. Déloyal, François, Marion, Inès et Chignol forment une famille libre, un peu déjantée, unie par la passion du théâtre. Ensemble, ils sillonnent les routes de France pour y donner des représentations dans la rue. Cette vie de bohème est un choix assumé pour refuser une existence de bourgeois. Mona tombe enceinte et se blesse lors d'un numéro. Lola débarque pour la remplacer. L'arrivée de cet ancien amour de François provoque la jalousie de sa compagne...

Année : 2015

De : Léa Fehner

Avec : Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas, Philippe Cataix, Christelle Lehallier

mercredi 9 août 2017
mercredi 16 août 2017

drame

Un soir, alors qu'elle travaille avec son assistant, Jenny Davin, médecin généraliste, n'ouvre pas la porte de son cabinet à une jeune femme. Celle-ci est retrouvée morte quelques heures plus tard. Jenny l'apprend au cours de l'enquête et découvre en même temps que la victime ne peut pas être identifiée. Jenny comprend également que cette affaire n'est pas vraiment une priorité pour la police. Rongée par la culpabilité et contre l'avis des forces de l'ordre, elle décide de mener sa propre enquête. La jeune médecin, rapidement confrontée à l'agressivité de témoins récalcitrants et victime de menaces, est cependant déterminée à rendre son identité à la malheureuse...

Année : 2016

De : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Avec : Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier, Louka Minnelli, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet, Pierre Sumkay

mardi 22 août 2017

drame

Un soir, alors qu'elle travaille avec son assistant, Jenny Davin, médecin généraliste, n'ouvre pas la porte de son cabinet à une jeune femme. Celle-ci est retrouvée morte quelques heures plus tard. Jenny l'apprend au cours de l'enquête et découvre en même temps que la victime ne peut pas être identifiée. Jenny comprend également que cette affaire n'est pas vraiment une priorité pour la police. Rongée par la culpabilité et contre l'avis des forces de l'ordre, elle décide de mener sa propre enquête. La jeune médecin, rapidement confrontée à l'agressivité de témoins récalcitrants et victime de menaces, est cependant déterminée à rendre son identité à la malheureuse...

Année : 2016

De : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Avec : Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier, Louka Minnelli, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet, Pierre Sumkay

drame

Un soir, alors qu'elle travaille avec son assistant, Jenny Davin, médecin généraliste, n'ouvre pas la porte de son cabinet à une jeune femme. Celle-ci est retrouvée morte quelques heures plus tard. Jenny l'apprend au cours de l'enquête et découvre en même temps que la victime ne peut pas être identifiée. Jenny comprend également que cette affaire n'est pas vraiment une priorité pour la police. Rongée par la culpabilité et contre l'avis des forces de l'ordre, elle décide de mener sa propre enquête. La jeune médecin, rapidement confrontée à l'agressivité de témoins récalcitrants et victime de menaces, est cependant déterminée à rendre son identité à la malheureuse...

Année : 2016

De : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Avec : Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier, Louka Minnelli, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet, Pierre Sumkay

mercredi 23 août 2017
vendredi 25 août 2017

drame

Un soir, alors qu'elle travaille avec son assistant, Jenny Davin, médecin généraliste, n'ouvre pas la porte de son cabinet à une jeune femme. Celle-ci est retrouvée morte quelques heures plus tard. Jenny l'apprend au cours de l'enquête et découvre en même temps que la victime ne peut pas être identifiée. Jenny comprend également que cette affaire n'est pas vraiment une priorité pour la police. Rongée par la culpabilité et contre l'avis des forces de l'ordre, elle décide de mener sa propre enquête. La jeune médecin, rapidement confrontée à l'agressivité de témoins récalcitrants et victime de menaces, est cependant déterminée à rendre son identité à la malheureuse...

Année : 2016

De : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Avec : Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier, Louka Minnelli, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet, Pierre Sumkay

drame

Un soir, alors qu'elle travaille avec son assistant, Jenny Davin, médecin généraliste, n'ouvre pas la porte de son cabinet à une jeune femme. Celle-ci est retrouvée morte quelques heures plus tard. Jenny l'apprend au cours de l'enquête et découvre en même temps que la victime ne peut pas être identifiée. Jenny comprend également que cette affaire n'est pas vraiment une priorité pour la police. Rongée par la culpabilité et contre l'avis des forces de l'ordre, elle décide de mener sa propre enquête. La jeune médecin, rapidement confrontée à l'agressivité de témoins récalcitrants et victime de menaces, est cependant déterminée à rendre son identité à la malheureuse...

Année : 2016

De : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Avec : Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier, Louka Minnelli, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet, Pierre Sumkay

samedi 26 août 2017

drame

Un soir, alors qu'elle travaille avec son assistant, Jenny Davin, médecin généraliste, n'ouvre pas la porte de son cabinet à une jeune femme. Celle-ci est retrouvée morte quelques heures plus tard. Jenny l'apprend au cours de l'enquête et découvre en même temps que la victime ne peut pas être identifiée. Jenny comprend également que cette affaire n'est pas vraiment une priorité pour la police. Rongée par la culpabilité et contre l'avis des forces de l'ordre, elle décide de mener sa propre enquête. La jeune médecin, rapidement confrontée à l'agressivité de témoins récalcitrants et victime de menaces, est cependant déterminée à rendre son identité à la malheureuse...

Année : 2016

De : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Avec : Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier, Louka Minnelli, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet, Pierre Sumkay

lundi 28 août 2017

drame

Un soir, alors qu'elle travaille avec son assistant, Jenny Davin, médecin généraliste, n'ouvre pas la porte de son cabinet à une jeune femme. Celle-ci est retrouvée morte quelques heures plus tard. Jenny l'apprend au cours de l'enquête et découvre en même temps que la victime ne peut pas être identifiée. Jenny comprend également que cette affaire n'est pas vraiment une priorité pour la police. Rongée par la culpabilité et contre l'avis des forces de l'ordre, elle décide de mener sa propre enquête. La jeune médecin, rapidement confrontée à l'agressivité de témoins récalcitrants et victime de menaces, est cependant déterminée à rendre son identité à la malheureuse...

Année : 2016

De : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Avec : Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier, Louka Minnelli, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet, Pierre Sumkay

mercredi 6 septembre 2017
mercredi 27 septembre 2017
dimanche 15 octobre 2017

film : drame

Fait divers célèbre : en 1977, Agnès Le Roux disparaît. Son cadavre ne sera jamais retrouvé. Durant des années, sa mère, patronne de casino déchue, accuse de meurtre l'amant de sa fille.Téchiné s'intéresse à la passion fiévreuse, folle, de l'héroïne pour un manipulateur… - Critique :

André Téchiné, c'est la violence des passions. La cruauté qui embrasait Hôtel des Amériques et Le Lieu du crime. On les retrouve, ici, dans l'attirance irrésistible, maladive, qu'éprouve soudain Agnès Le Roux (Adèle Haenel) pour Maurice Agnelet (Guillaume Canet), l'avocat conseil de sa mère, un homme apparemment gris et fade (seul signe inquiétant : il enregistre au magnéto toutes ses conversations téléphoniques), mais qui collectionne les femmes et les amitiés troubles avec les mafieux locaux. De la riche héritière niçoise, fille d'une femme qui a eu l'imprudence de l'humilier, il ne fera qu'une bouchée...

Les noms sont vrais, l'histoire l'est également : le blanchiment d'argent autour du Palais de la Méditerranée, à Nice, la disparition d'Agnès Le Roux, un jour de 1977, dont le cadavre ne sera jamais retrouvé, et les tentatives multiples de Renée Le Roux, patronne de casino déchue et mère trahie, pour faire accuser de meurtre l'amant de sa fille. Une affaire toujours d'actualité : tout récemment, Maurice Agnelet, plusieurs fois acquitté, a été condamné à vingt ans de détention, à la suite du témoignage à charge de son fils. Et il a fait appel...

C'est Catherine Deneuve qui joue Renée Le Roux, la propriétaire du grand casino niçois. Dans des décors orange et ocre qui puent le fric et le mauvais goût, sanglée dans des tenues orientales colorées, élégantes mais à la limite de la vulgarité, elle semble droit sortie d'un mélo extravagant de Josef von Sternberg : c'est la Mother Gin Sling de The Shanghai Gesture, qui, soudain, deviendrait mère Courage... Téchiné semble avoir dirigé son interprète favorite en lui demandant de retrouver le rythme et les intonations d'une comédienne qu'ils admirent tous deux : Danielle Darrieux. Deneuve a souvent incarné sa fille, notamment dans Le Lieu du crime. Quand elle lance « Il n'y a pas un chat, ce soir ! » ou « Tu mérites mieux qu'un étalon arriviste », on sent l'hommage qu'elle rend à sa mère de cinéma...

L'affrontement entre les deux femmes est superbe. Tout comme la progression de la passion dans le coeur et le corps d'Agnès Le Roux. Elle souffre. Elle brûle. Elle écrit à son amant des lettres fiévreuses et folles, comme Adèle Hugo dans le film de Truffaut. Lui l'humilie sans cesse, autant par sadisme que par peur. « Je déteste être pris dans les sentiments des autres », dit-il. En panoramiques rapides, brutaux, hachés comme une suite d'actes manqués, Téchiné filme des personnages qui semblent tourner autour d'eux-mêmes sans pouvoir jamais se rejoindre. Autre mouvement de caméra étonnant : ce travelling qui part du visage hagard d'Adèle Haenel, l'accompagne jusqu'à un téléphone et la ramène, encore plus dévastée après un affront supplémentaire, là d'où elle était partie... Reste le procès final, pas utile, pas terrible. Guillaume Canet, maladroitement ­grimé, frôle le ridicule. Appelée à la barre, Deneuve n'évoque plus Darrieux, mais la Gaby Morlay du célèbre mélo Le Voile bleu. Même les mouvements de caméra se figent. Comme si Téchiné se fichait de l'intrigue, dès lors qu'Agnès Le Roux était morte. Et avec elle les tourments amoureux, qui seuls le passionnent. — Pierre Murat

Année : 2014

De : André Téchiné

Avec : Catherine Deneuve, Guillaume Canet, Adèle Haenel, Judith Chemla, Mauro Conte, Jean Corso, Pascal Mercier, Tamara De Leener

film : drame

Fait divers célèbre : en 1977, Agnès Le Roux disparaît. Son cadavre ne sera jamais retrouvé. Durant des années, sa mère, patronne de casino déchue, accuse de meurtre l'amant de sa fille.Téchiné s'intéresse à la passion fiévreuse, folle, de l'héroïne pour un manipulateur… - Critique :

André Téchiné, c'est la violence des passions. La cruauté qui embrasait Hôtel des Amériques et Le Lieu du crime. On les retrouve, ici, dans l'attirance irrésistible, maladive, qu'éprouve soudain Agnès Le Roux (Adèle Haenel) pour Maurice Agnelet (Guillaume Canet), l'avocat conseil de sa mère, un homme apparemment gris et fade (seul signe inquiétant : il enregistre au magnéto toutes ses conversations téléphoniques), mais qui collectionne les femmes et les amitiés troubles avec les mafieux locaux. De la riche héritière niçoise, fille d'une femme qui a eu l'imprudence de l'humilier, il ne fera qu'une bouchée...

Les noms sont vrais, l'histoire l'est également : le blanchiment d'argent autour du Palais de la Méditerranée, à Nice, la disparition d'Agnès Le Roux, un jour de 1977, dont le cadavre ne sera jamais retrouvé, et les tentatives multiples de Renée Le Roux, patronne de casino déchue et mère trahie, pour faire accuser de meurtre l'amant de sa fille. Une affaire toujours d'actualité : tout récemment, Maurice Agnelet, plusieurs fois acquitté, a été condamné à vingt ans de détention, à la suite du témoignage à charge de son fils. Et il a fait appel...

C'est Catherine Deneuve qui joue Renée Le Roux, la propriétaire du grand casino niçois. Dans des décors orange et ocre qui puent le fric et le mauvais goût, sanglée dans des tenues orientales colorées, élégantes mais à la limite de la vulgarité, elle semble droit sortie d'un mélo extravagant de Josef von Sternberg : c'est la Mother Gin Sling de The Shanghai Gesture, qui, soudain, deviendrait mère Courage... Téchiné semble avoir dirigé son interprète favorite en lui demandant de retrouver le rythme et les intonations d'une comédienne qu'ils admirent tous deux : Danielle Darrieux. Deneuve a souvent incarné sa fille, notamment dans Le Lieu du crime. Quand elle lance « Il n'y a pas un chat, ce soir ! » ou « Tu mérites mieux qu'un étalon arriviste », on sent l'hommage qu'elle rend à sa mère de cinéma...

L'affrontement entre les deux femmes est superbe. Tout comme la progression de la passion dans le coeur et le corps d'Agnès Le Roux. Elle souffre. Elle brûle. Elle écrit à son amant des lettres fiévreuses et folles, comme Adèle Hugo dans le film de Truffaut. Lui l'humilie sans cesse, autant par sadisme que par peur. « Je déteste être pris dans les sentiments des autres », dit-il. En panoramiques rapides, brutaux, hachés comme une suite d'actes manqués, Téchiné filme des personnages qui semblent tourner autour d'eux-mêmes sans pouvoir jamais se rejoindre. Autre mouvement de caméra étonnant : ce travelling qui part du visage hagard d'Adèle Haenel, l'accompagne jusqu'à un téléphone et la ramène, encore plus dévastée après un affront supplémentaire, là d'où elle était partie... Reste le procès final, pas utile, pas terrible. Guillaume Canet, maladroitement ­grimé, frôle le ridicule. Appelée à la barre, Deneuve n'évoque plus Darrieux, mais la Gaby Morlay du célèbre mélo Le Voile bleu. Même les mouvements de caméra se figent. Comme si Téchiné se fichait de l'intrigue, dès lors qu'Agnès Le Roux était morte. Et avec elle les tourments amoureux, qui seuls le passionnent. — Pierre Murat

Année : 2014

lundi 16 octobre 2017

film : drame

Se sentant coupable de la mort d'une patiente anonyme, une jeune médecin tente de lui redonner une identité. Un suspense moral parfaitement maîtrisé. - Critique :

Comme toutes les héroïnes des frères Dardenne, Jenny Davin a un objectif. Une quête qui devient une obsession... Rosetta (Emilie Dequenne) était prête à tout pour trouver un travail ; Samantha (Cécile de France), la coiffeuse au grand coeur, ne voulait pas abandonner le gamin au vélo qui, pourtant, lui en faisait voir ; Sandra (Marion Cotillard), pendant deux jours et une nuit, allait sonner sans relâche chez ses collègues pour les persuader de ­renoncer à leur prime et lui permettre de garder son emploi. Jenny, la jeune médecin de La Fille inconnue, elle, veut racheter son erreur. La seule que cette perfectionniste ait commise dans son activité professionnelle. Par perfectionnisme, justement... Un soir, alors que son cabinet médical était ­déjà fermé depuis plus d'une heure, elle a refusé d'ouvrir à une patiente : elle se sentait trop fatiguée pour pouvoir bien s'occuper d'elle. Le lendemain, elle apprend que la jeune femme est morte à quelques mètres de sa porte. Personne ne la connaît, personne ne réclame sa dépouille. Faute d'avoir pu sauver cette anonyme, ­Jenny va tout faire pour lui restituer son identité. Elle renonce à un poste prestigieux (et bien plus rémunérateur) dans une clinique privée pour ne pas quitter son quartier populaire des bords de Meuse. Appliquant, dans sa recherche de la vérité, un courage, une ténacité aussi intenses que son ­dévouement envers ses patients.

Les frères Dardenne ne cachent rien des débuts laborieux de son enquête en solitaire, sans craindre le surplace. Leur mise en scène, plus posée, plus classique, mais aussi plus sèche que d'habitude, semble moins animée de ce sentiment d'urgence qui bouleversait tant dans La Promesse ou Le Fils. Jenny elle-même est moins aimable que ses grandes soeurs dardenniennes. Adèle Haenel l'incarne comme un petit soldat à l'air buté, qui refoule ses sentiments face à la détresse qui l'entoure. Son personnage en a d'ailleurs fait une règle de vie : « Tu dois être plus fort que tes émotions si tu veux bien soigner », explique-t-elle cliniquement à son jeune stagiaire, bouleversé et impuissant devant la crise d'épilepsie d'un enfant dans la salle d'attente.

De l'émotion, Jenny en communique pourtant quand les Dardenne la filment longuement — et, eux aussi, obstinément — dans ses soins quotidiens avec les patients. Ses gestes ­banals, répétitifs témoignent d'une écoute sincère de la souffrance, d'une grande douceur. Et ce sont bien ses émotions qui la guident quand, rongée par le remords, elle tente inlassablement de convaincre les témoins ­potentiels du drame de révéler ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont fait.

Pas sûr que les Dardenne apprécieraient de voir leur héroïne assimilée à une figure christique. Jenny a pourtant tout d'une sainte (laïque, certes, mais sainte quand même) lorsqu'elle amène ses interlocuteurs à confesser leurs fautes, et par là même, à retrouver leur dignité. A devenir meilleurs... Au fil de cette enquête aussi policière que morale, le film ne cesse de monter en puissance dramatique. Jusqu'à la révélation complète, déchirante, de la vérité dans une des scènes les plus fortes que les Dardenne aient jamais tournées. Un long plan-séquence virtuose, où le « coupable » fuit le regard de Jenny pour mieux libérer sa parole. Et un grand moment de suspense... — Samuel Douhaire

Année : 2016

film : drame

Se sentant coupable de la mort d'une patiente anonyme, une jeune médecin tente de lui redonner une identité. Un suspense moral parfaitement maîtrisé. - Critique :

Comme toutes les héroïnes des frères Dardenne, Jenny Davin a un objectif. Une quête qui devient une obsession... Rosetta (Emilie Dequenne) était prête à tout pour trouver un travail ; Samantha (Cécile de France), la coiffeuse au grand coeur, ne voulait pas abandonner le gamin au vélo qui, pourtant, lui en faisait voir ; Sandra (Marion Cotillard), pendant deux jours et une nuit, allait sonner sans relâche chez ses collègues pour les persuader de ­renoncer à leur prime et lui permettre de garder son emploi. Jenny, la jeune médecin de La Fille inconnue, elle, veut racheter son erreur. La seule que cette perfectionniste ait commise dans son activité professionnelle. Par perfectionnisme, justement... Un soir, alors que son cabinet médical était ­déjà fermé depuis plus d'une heure, elle a refusé d'ouvrir à une patiente : elle se sentait trop fatiguée pour pouvoir bien s'occuper d'elle. Le lendemain, elle apprend que la jeune femme est morte à quelques mètres de sa porte. Personne ne la connaît, personne ne réclame sa dépouille. Faute d'avoir pu sauver cette anonyme, ­Jenny va tout faire pour lui restituer son identité. Elle renonce à un poste prestigieux (et bien plus rémunérateur) dans une clinique privée pour ne pas quitter son quartier populaire des bords de Meuse. Appliquant, dans sa recherche de la vérité, un courage, une ténacité aussi intenses que son ­dévouement envers ses patients.

Les frères Dardenne ne cachent rien des débuts laborieux de son enquête en solitaire, sans craindre le surplace. Leur mise en scène, plus posée, plus classique, mais aussi plus sèche que d'habitude, semble moins animée de ce sentiment d'urgence qui bouleversait tant dans La Promesse ou Le Fils. Jenny elle-même est moins aimable que ses grandes soeurs dardenniennes. Adèle Haenel l'incarne comme un petit soldat à l'air buté, qui refoule ses sentiments face à la détresse qui l'entoure. Son personnage en a d'ailleurs fait une règle de vie : « Tu dois être plus fort que tes émotions si tu veux bien soigner », explique-t-elle cliniquement à son jeune stagiaire, bouleversé et impuissant devant la crise d'épilepsie d'un enfant dans la salle d'attente.

De l'émotion, Jenny en communique pourtant quand les Dardenne la filment longuement — et, eux aussi, obstinément — dans ses soins quotidiens avec les patients. Ses gestes ­banals, répétitifs témoignent d'une écoute sincère de la souffrance, d'une grande douceur. Et ce sont bien ses émotions qui la guident quand, rongée par le remords, elle tente inlassablement de convaincre les témoins ­potentiels du drame de révéler ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont fait.

Pas sûr que les Dardenne apprécieraient de voir leur héroïne assimilée à une figure christique. Jenny a pourtant tout d'une sainte (laïque, certes, mais sainte quand même) lorsqu'elle amène ses interlocuteurs à confesser leurs fautes, et par là même, à retrouver leur dignité. A devenir meilleurs... Au fil de cette enquête aussi policière que morale, le film ne cesse de monter en puissance dramatique. Jusqu'à la révélation complète, déchirante, de la vérité dans une des scènes les plus fortes que les Dardenne aient jamais tournées. Un long plan-séquence virtuose, où le « coupable » fuit le regard de Jenny pour mieux libérer sa parole. Et un grand moment de suspense... — Samuel Douhaire

Année : 2016

mercredi 29 novembre 2017
mardi 5 décembre 2017

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

jeudi 7 décembre 2017

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

lundi 11 décembre 2017

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

samedi 16 décembre 2017

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

mardi 19 décembre 2017

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

samedi 23 décembre 2017
lundi 8 janvier 2018

film : drame

Le cœur d’un adolescent accidenté, transplanté sur une mère de famille quinquagénaire… Katell Quillévéré (Suzanne) adapte Maylis de Kerangal : émotions fortes et respirations élégiaques. Un film choc. Critique : Le roman de Maylis de Kerangal, avec ses deux cent mille exemplaires vendus, ses dix prix littéraires et ses deux adaptations théâtrales est un étrange phénomène : une fiction populaire dont le vrai personnage principal est un coeur transplanté, une partie d'humain plutôt qu'un tout. Jamais le trajet d'un organe d'un corps vers un autre n'avait été raconté avec cette précision clinique, minutée, en traversant les pensées de tous les êtres concernés, patients, médecins, infirmiers, familles... Dans le texte, la faculté d'analyse de la romancière tient à distance les trémolos. A l'écran, c'est forcément une autre affaire. Filmer l'agonie d'un surfeur adolescent et les réactions de ses parents, voilà un défi pour un(e) cinéaste qui refuse les facilités. Dans son précédent et deuxième long métrage, Suzanne (avec Sara Forestier, Adèle Haenel et François Damiens), Katell Quillévéré réussissait un mélo familial sur un quart de siècle, d'une sobriété miraculeuse : troué d'ellipses, vidé de ses événements décisifs, dont la réalisatrice ne captait que les traces. Cette fois, au contraire, elle filme tout. L'accablement, les larmes, les cris, le manque. Le chagrin de ceux qui restent. La faiblesse pathétique de celle qui attend une greffe. Cette frontalité déconcerte, d'abord. Au moment le plus chirurgical du récit, elle se révèle, néanmoins, un vrai parti pris, comme l'était l'évitement des drames dans ­Suzanne. Face au torrent de sensations et d'émotions fortes, la tenue du film repose, en partie, sur le jeu des acteurs, la plupart connus (de Tahar Rahim à Dominique Blanc). Ça passe ou ça casse. Emmanuelle Seigner impressionne en mère de l'accidenté, avec ces « yeux Signoret », ces « yeux Rampling » dessinés instantanément par la douleur, que décrit Maylis de Kerangal. Kool Shen, qui joue le père, est plus embarrassant. Question de dosage. Mais cette adaptation offre aussi, comparé au timing serré du livre, des res­pirations songeuses. La plus éblouissante concerne les prémices de l'accident : des effets spéciaux font des derniers moments de surf de l'adolescent un temps suspendu, irréel, dans un espace mi-aquatique, mi-aérien, qui fixe la joie et annonce l'éternité de la mort. Par la suite, Katell Quillévéré délaisse régulièrement l'action au profit de la méditation. La peau tatouée du garçon inconscient, le statut incertain de son corps (vivant ou mort), et plus tard la mélancolie de la receveuse prêtent à des digressions douces, pleines d'échos, de résonances. La cinéaste a la bonne idée de mettre l'accent sur la différence d'âge entre celui (jeune) qui meurt et celle (mûre) qui pourra revivre : le don d'organe s'effectue à l'aveugle, indifférent à la raison, à la logique. Le film étoffe le personnage de Claire, quinquagénaire, et invente même à cette mère de famille une vie amoureuse laissée en suspens à cause de la maladie. Anne Dorval, la « Mommy » de Xavier Dolan, tient ce rôle (une autre actrice fétiche du Québécois, Monia Chokri, joue une infirmière...), sûrement pas par hasard. La relation filiale (spécialité de Dolan) s'impose comme un motif central et émouvant, de la première famille à la deuxième. Symboliquement, Réparer les vivants raconte la mort, le sacrifice d'un fils pour que vive une mère. Et parvient à montrer cette anomalie, ce quasi-scandale comme un accomplissement. — Louis Guichard

Année : 2016

mardi 6 février 2018

film : drame

Se sentant coupable de la mort d'une patiente anonyme, une jeune médecin tente de lui redonner une identité. Un suspense moral parfaitement maîtrisé. Critique : Comme toutes les héroïnes des frères Dardenne, Jenny Davin a un objectif. Une quête qui devient une obsession... Rosetta (Emilie Dequenne) était prête à tout pour trouver un travail ; Samantha (Cécile de France), la coiffeuse au grand coeur, ne voulait pas abandonner le gamin au vélo qui, pourtant, lui en faisait voir ; Sandra (Marion Cotillard), pendant deux jours et une nuit, allait sonner sans relâche chez ses collègues pour les persuader de ­renoncer à leur prime et lui permettre de garder son emploi. Jenny, la jeune médecin de La Fille inconnue, elle, veut racheter son erreur. La seule que cette perfectionniste ait commise dans son activité professionnelle. Par perfectionnisme, justement... Un soir, alors que son cabinet médical était ­déjà fermé depuis plus d'une heure, elle a refusé d'ouvrir à une patiente : elle se sentait trop fatiguée pour pouvoir bien s'occuper d'elle. Le lendemain, elle apprend que la jeune femme est morte à quelques mètres de sa porte. Personne ne la connaît, personne ne réclame sa dépouille. Faute d'avoir pu sauver cette anonyme, ­Jenny va tout faire pour lui restituer son identité. Elle renonce à un poste prestigieux (et bien plus rémunérateur) dans une clinique privée pour ne pas quitter son quartier populaire des bords de Meuse. Appliquant, dans sa recherche de la vérité, un courage, une ténacité aussi intenses que son ­dévouement envers ses patients. Les frères Dardenne ne cachent rien des débuts laborieux de son enquête en solitaire, sans craindre le surplace. Leur mise en scène, plus posée, plus classique, mais aussi plus sèche que d'habitude, semble moins animée de ce sentiment d'urgence qui bouleversait tant dans La Promesse ou Le Fils. Jenny elle-même est moins aimable que ses grandes soeurs dardenniennes. Adèle Haenel l'incarne comme un petit soldat à l'air buté, qui refoule ses sentiments face à la détresse qui l'entoure. Son personnage en a d'ailleurs fait une règle de vie : « Tu dois être plus fort que tes émotions si tu veux bien soigner », explique-t-elle cliniquement à son jeune stagiaire, bouleversé et impuissant devant la crise d'épilepsie d'un enfant dans la salle d'attente. De l'émotion, Jenny en communique pourtant quand les Dardenne la filment longuement — et, eux aussi, obstinément — dans ses soins quotidiens avec les patients. Ses gestes ­banals, répétitifs témoignent d'une écoute sincère de la souffrance, d'une grande douceur. Et ce sont bien ses émotions qui la guident quand, rongée par le remords, elle tente inlassablement de convaincre les témoins ­potentiels du drame de révéler ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont fait. Pas sûr que les Dardenne apprécieraient de voir leur héroïne assimilée à une figure christique. Jenny a pourtant tout d'une sainte (laïque, certes, mais sainte quand même) lorsqu'elle amène ses interlocuteurs à confesser leurs fautes, et par là même, à retrouver leur dignité. A devenir meilleurs... Au fil de cette enquête aussi policière que morale, le film ne cesse de monter en puissance dramatique. Jusqu'à la révélation complète, déchirante, de la vérité dans une des scènes les plus fortes que les Dardenne aient jamais tournées. Un long plan-séquence virtuose, où le « coupable » fuit le regard de Jenny pour mieux libérer sa parole. Et un grand moment de suspense... — Samuel Douhaire

Année : 2016

film : drame

Se sentant coupable de la mort d'une patiente anonyme, une jeune médecin tente de lui redonner une identité. Un suspense moral parfaitement maîtrisé. Critique : Comme toutes les héroïnes des frères Dardenne, Jenny Davin a un objectif. Une quête qui devient une obsession... Rosetta (Emilie Dequenne) était prête à tout pour trouver un travail ; Samantha (Cécile de France), la coiffeuse au grand coeur, ne voulait pas abandonner le gamin au vélo qui, pourtant, lui en faisait voir ; Sandra (Marion Cotillard), pendant deux jours et une nuit, allait sonner sans relâche chez ses collègues pour les persuader de ­renoncer à leur prime et lui permettre de garder son emploi. Jenny, la jeune médecin de La Fille inconnue, elle, veut racheter son erreur. La seule que cette perfectionniste ait commise dans son activité professionnelle. Par perfectionnisme, justement... Un soir, alors que son cabinet médical était ­déjà fermé depuis plus d'une heure, elle a refusé d'ouvrir à une patiente : elle se sentait trop fatiguée pour pouvoir bien s'occuper d'elle. Le lendemain, elle apprend que la jeune femme est morte à quelques mètres de sa porte. Personne ne la connaît, personne ne réclame sa dépouille. Faute d'avoir pu sauver cette anonyme, ­Jenny va tout faire pour lui restituer son identité. Elle renonce à un poste prestigieux (et bien plus rémunérateur) dans une clinique privée pour ne pas quitter son quartier populaire des bords de Meuse. Appliquant, dans sa recherche de la vérité, un courage, une ténacité aussi intenses que son ­dévouement envers ses patients. Les frères Dardenne ne cachent rien des débuts laborieux de son enquête en solitaire, sans craindre le surplace. Leur mise en scène, plus posée, plus classique, mais aussi plus sèche que d'habitude, semble moins animée de ce sentiment d'urgence qui bouleversait tant dans La Promesse ou Le Fils. Jenny elle-même est moins aimable que ses grandes soeurs dardenniennes. Adèle Haenel l'incarne comme un petit soldat à l'air buté, qui refoule ses sentiments face à la détresse qui l'entoure. Son personnage en a d'ailleurs fait une règle de vie : « Tu dois être plus fort que tes émotions si tu veux bien soigner », explique-t-elle cliniquement à son jeune stagiaire, bouleversé et impuissant devant la crise d'épilepsie d'un enfant dans la salle d'attente. De l'émotion, Jenny en communique pourtant quand les Dardenne la filment longuement — et, eux aussi, obstinément — dans ses soins quotidiens avec les patients. Ses gestes ­banals, répétitifs témoignent d'une écoute sincère de la souffrance, d'une grande douceur. Et ce sont bien ses émotions qui la guident quand, rongée par le remords, elle tente inlassablement de convaincre les témoins ­potentiels du drame de révéler ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont fait. Pas sûr que les Dardenne apprécieraient de voir leur héroïne assimilée à une figure christique. Jenny a pourtant tout d'une sainte (laïque, certes, mais sainte quand même) lorsqu'elle amène ses interlocuteurs à confesser leurs fautes, et par là même, à retrouver leur dignité. A devenir meilleurs... Au fil de cette enquête aussi policière que morale, le film ne cesse de monter en puissance dramatique. Jusqu'à la révélation complète, déchirante, de la vérité dans une des scènes les plus fortes que les Dardenne aient jamais tournées. Un long plan-séquence virtuose, où le « coupable » fuit le regard de Jenny pour mieux libérer sa parole. Et un grand moment de suspense... — Samuel Douhaire

Année : 2016

lundi 12 février 2018
mercredi 14 février 2018

film : drame

Se sentant coupable de la mort d'une patiente anonyme, une jeune médecin tente de lui redonner une identité. Un suspense moral parfaitement maîtrisé. Critique : Comme toutes les héroïnes des frères Dardenne, Jenny Davin a un objectif. Une quête qui devient une obsession... Rosetta (Emilie Dequenne) était prête à tout pour trouver un travail ; Samantha (Cécile de France), la coiffeuse au grand coeur, ne voulait pas abandonner le gamin au vélo qui, pourtant, lui en faisait voir ; Sandra (Marion Cotillard), pendant deux jours et une nuit, allait sonner sans relâche chez ses collègues pour les persuader de ­renoncer à leur prime et lui permettre de garder son emploi. Jenny, la jeune médecin de La Fille inconnue, elle, veut racheter son erreur. La seule que cette perfectionniste ait commise dans son activité professionnelle. Par perfectionnisme, justement... Un soir, alors que son cabinet médical était ­déjà fermé depuis plus d'une heure, elle a refusé d'ouvrir à une patiente : elle se sentait trop fatiguée pour pouvoir bien s'occuper d'elle. Le lendemain, elle apprend que la jeune femme est morte à quelques mètres de sa porte. Personne ne la connaît, personne ne réclame sa dépouille. Faute d'avoir pu sauver cette anonyme, ­Jenny va tout faire pour lui restituer son identité. Elle renonce à un poste prestigieux (et bien plus rémunérateur) dans une clinique privée pour ne pas quitter son quartier populaire des bords de Meuse. Appliquant, dans sa recherche de la vérité, un courage, une ténacité aussi intenses que son ­dévouement envers ses patients. Les frères Dardenne ne cachent rien des débuts laborieux de son enquête en solitaire, sans craindre le surplace. Leur mise en scène, plus posée, plus classique, mais aussi plus sèche que d'habitude, semble moins animée de ce sentiment d'urgence qui bouleversait tant dans La Promesse ou Le Fils. Jenny elle-même est moins aimable que ses grandes soeurs dardenniennes. Adèle Haenel l'incarne comme un petit soldat à l'air buté, qui refoule ses sentiments face à la détresse qui l'entoure. Son personnage en a d'ailleurs fait une règle de vie : « Tu dois être plus fort que tes émotions si tu veux bien soigner », explique-t-elle cliniquement à son jeune stagiaire, bouleversé et impuissant devant la crise d'épilepsie d'un enfant dans la salle d'attente. De l'émotion, Jenny en communique pourtant quand les Dardenne la filment longuement — et, eux aussi, obstinément — dans ses soins quotidiens avec les patients. Ses gestes ­banals, répétitifs témoignent d'une écoute sincère de la souffrance, d'une grande douceur. Et ce sont bien ses émotions qui la guident quand, rongée par le remords, elle tente inlassablement de convaincre les témoins ­potentiels du drame de révéler ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont fait. Pas sûr que les Dardenne apprécieraient de voir leur héroïne assimilée à une figure christique. Jenny a pourtant tout d'une sainte (laïque, certes, mais sainte quand même) lorsqu'elle amène ses interlocuteurs à confesser leurs fautes, et par là même, à retrouver leur dignité. A devenir meilleurs... Au fil de cette enquête aussi policière que morale, le film ne cesse de monter en puissance dramatique. Jusqu'à la révélation complète, déchirante, de la vérité dans une des scènes les plus fortes que les Dardenne aient jamais tournées. Un long plan-séquence virtuose, où le « coupable » fuit le regard de Jenny pour mieux libérer sa parole. Et un grand moment de suspense... — Samuel Douhaire

Année : 2016

film : drame

Se sentant coupable de la mort d'une patiente anonyme, une jeune médecin tente de lui redonner une identité. Un suspense moral parfaitement maîtrisé. Critique : Comme toutes les héroïnes des frères Dardenne, Jenny Davin a un objectif. Une quête qui devient une obsession... Rosetta (Emilie Dequenne) était prête à tout pour trouver un travail ; Samantha (Cécile de France), la coiffeuse au grand coeur, ne voulait pas abandonner le gamin au vélo qui, pourtant, lui en faisait voir ; Sandra (Marion Cotillard), pendant deux jours et une nuit, allait sonner sans relâche chez ses collègues pour les persuader de ­renoncer à leur prime et lui permettre de garder son emploi. Jenny, la jeune médecin de La Fille inconnue, elle, veut racheter son erreur. La seule que cette perfectionniste ait commise dans son activité professionnelle. Par perfectionnisme, justement... Un soir, alors que son cabinet médical était ­déjà fermé depuis plus d'une heure, elle a refusé d'ouvrir à une patiente : elle se sentait trop fatiguée pour pouvoir bien s'occuper d'elle. Le lendemain, elle apprend que la jeune femme est morte à quelques mètres de sa porte. Personne ne la connaît, personne ne réclame sa dépouille. Faute d'avoir pu sauver cette anonyme, ­Jenny va tout faire pour lui restituer son identité. Elle renonce à un poste prestigieux (et bien plus rémunérateur) dans une clinique privée pour ne pas quitter son quartier populaire des bords de Meuse. Appliquant, dans sa recherche de la vérité, un courage, une ténacité aussi intenses que son ­dévouement envers ses patients. Les frères Dardenne ne cachent rien des débuts laborieux de son enquête en solitaire, sans craindre le surplace. Leur mise en scène, plus posée, plus classique, mais aussi plus sèche que d'habitude, semble moins animée de ce sentiment d'urgence qui bouleversait tant dans La Promesse ou Le Fils. Jenny elle-même est moins aimable que ses grandes soeurs dardenniennes. Adèle Haenel l'incarne comme un petit soldat à l'air buté, qui refoule ses sentiments face à la détresse qui l'entoure. Son personnage en a d'ailleurs fait une règle de vie : « Tu dois être plus fort que tes émotions si tu veux bien soigner », explique-t-elle cliniquement à son jeune stagiaire, bouleversé et impuissant devant la crise d'épilepsie d'un enfant dans la salle d'attente. De l'émotion, Jenny en communique pourtant quand les Dardenne la filment longuement — et, eux aussi, obstinément — dans ses soins quotidiens avec les patients. Ses gestes ­banals, répétitifs témoignent d'une écoute sincère de la souffrance, d'une grande douceur. Et ce sont bien ses émotions qui la guident quand, rongée par le remords, elle tente inlassablement de convaincre les témoins ­potentiels du drame de révéler ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont fait. Pas sûr que les Dardenne apprécieraient de voir leur héroïne assimilée à une figure christique. Jenny a pourtant tout d'une sainte (laïque, certes, mais sainte quand même) lorsqu'elle amène ses interlocuteurs à confesser leurs fautes, et par là même, à retrouver leur dignité. A devenir meilleurs... Au fil de cette enquête aussi policière que morale, le film ne cesse de monter en puissance dramatique. Jusqu'à la révélation complète, déchirante, de la vérité dans une des scènes les plus fortes que les Dardenne aient jamais tournées. Un long plan-séquence virtuose, où le « coupable » fuit le regard de Jenny pour mieux libérer sa parole. Et un grand moment de suspense... — Samuel Douhaire

Année : 2016

mercredi 7 mars 2018

film : drame

Le récit fulgurant d’une jeunesse sur un fil. Suzanne (Sara Forestier, très émouvante), mère à 17 ans, laisse tout pour vivre sa passion avec un délinquant à gueule d’ange. Critique : Suzanne, comme le standard de Leonard Cohen. Et le titre longtemps envisagé par Maurice Pialat pour A nos amours. A mi-chemin entre le lyrisme de la chanson et le naturel du film, Suzanne est aussi, désormais, le récit fulgurant d'une jeunesse sur un fil, de l'enfance à la trentaine. Elle tombe enceinte à 17 ans, encore lycéenne, et décide de garder l'enfant. Elle tombe amoureuse à 20 ans, mère célibataire, et décide de laisser son fils derrière elle pour vivre cette passion avec un délinquant à gueule d'ange. L'intensité du deuxième long métrage de Katell Quillévéré (après Un poison violent) tient beaucoup à tout ce qu'il élude. Sur le quart de siècle couvert par l'histoire, des périodes de plusieurs années sont laissées en blanc, et des événements cruciaux, escamotés. Les cavales, la violence et les délits ne sont pas filmés. Leurs conséquences sur les visages et sur les sentiments, oui. Après chaque ellipse, on découvre une nouvelle donne, on retrouve Suzanne confrontée un peu plus à son destin, assumant des choix incompréhensibles pour son entourage. Sara Forestier illumine ce personnage de grande amoureuse souvent interdite devant la brutalité de la vie, de cham­bre d'hôtel en cellule de prison. On ne l'avait pas vue aussi émouvante depuis L'Esquive, d'Abdellatif Kechiche, son premier film. Autre belle idée, la présence fantomatique, tenace, de Suzanne quand elle disparaît des radars : Katell Quillévéré filme les proches désarmés, incomplets, dévastés par le manque. Le père routier (François Damiens, touchant) laisse la photo de sa fille à un jeune auto-stoppeur dont l'errance lui rappelle cruellement Suzanne. La petite soeur ouvrière croit voir la fugitive au fond d'une boîte de nuit dans un flash stroboscopique — Adèle Haenel, douce et forte, superbe, est l'autre pilier du film. Cette façon qu'a la cinéaste de s'attacher à ceux qui restent devient un point de vue lumineux sur la famille : c'est la trajectoire d'une seule qui rythme et façonne l'existence des autres. Suzanne vit. Les siens ne font que réagir et s'adapter tant bien que mal. Or la mécanique peut s'inverser un jour, si quelque chose d'encore plus imprévisible que les actes de l'héroïne se produit... Le film va jusqu'au bout de son élan romanesque, passant et repassant par le cimetière où se trouve depuis le début la mère de Suzanne. Et laisse les survivants de l'odyssée familiale sonnés et incrédules, après l'orage, devant leur capacité intacte à s'aimer. Comme dans un célèbre roman de Maupassant, « la vie, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit ». — Louis Guichard Sortie le 18 décembre.

Année : 2013

vendredi 9 mars 2018

film : drame

Le récit fulgurant d’une jeunesse sur un fil. Suzanne (Sara Forestier, très émouvante), mère à 17 ans, laisse tout pour vivre sa passion avec un délinquant à gueule d’ange. Critique : Suzanne, comme le standard de Leonard Cohen. Et le titre longtemps envisagé par Maurice Pialat pour A nos amours. A mi-chemin entre le lyrisme de la chanson et le naturel du film, Suzanne est aussi, désormais, le récit fulgurant d'une jeunesse sur un fil, de l'enfance à la trentaine. Elle tombe enceinte à 17 ans, encore lycéenne, et décide de garder l'enfant. Elle tombe amoureuse à 20 ans, mère célibataire, et décide de laisser son fils derrière elle pour vivre cette passion avec un délinquant à gueule d'ange. L'intensité du deuxième long métrage de Katell Quillévéré (après Un poison violent) tient beaucoup à tout ce qu'il élude. Sur le quart de siècle couvert par l'histoire, des périodes de plusieurs années sont laissées en blanc, et des événements cruciaux, escamotés. Les cavales, la violence et les délits ne sont pas filmés. Leurs conséquences sur les visages et sur les sentiments, oui. Après chaque ellipse, on découvre une nouvelle donne, on retrouve Suzanne confrontée un peu plus à son destin, assumant des choix incompréhensibles pour son entourage. Sara Forestier illumine ce personnage de grande amoureuse souvent interdite devant la brutalité de la vie, de cham­bre d'hôtel en cellule de prison. On ne l'avait pas vue aussi émouvante depuis L'Esquive, d'Abdellatif Kechiche, son premier film. Autre belle idée, la présence fantomatique, tenace, de Suzanne quand elle disparaît des radars : Katell Quillévéré filme les proches désarmés, incomplets, dévastés par le manque. Le père routier (François Damiens, touchant) laisse la photo de sa fille à un jeune auto-stoppeur dont l'errance lui rappelle cruellement Suzanne. La petite soeur ouvrière croit voir la fugitive au fond d'une boîte de nuit dans un flash stroboscopique — Adèle Haenel, douce et forte, superbe, est l'autre pilier du film. Cette façon qu'a la cinéaste de s'attacher à ceux qui restent devient un point de vue lumineux sur la famille : c'est la trajectoire d'une seule qui rythme et façonne l'existence des autres. Suzanne vit. Les siens ne font que réagir et s'adapter tant bien que mal. Or la mécanique peut s'inverser un jour, si quelque chose d'encore plus imprévisible que les actes de l'héroïne se produit... Le film va jusqu'au bout de son élan romanesque, passant et repassant par le cimetière où se trouve depuis le début la mère de Suzanne. Et laisse les survivants de l'odyssée familiale sonnés et incrédules, après l'orage, devant leur capacité intacte à s'aimer. Comme dans un célèbre roman de Maupassant, « la vie, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit ». — Louis Guichard Sortie le 18 décembre.

Année : 2013

mardi 13 mars 2018

film : drame

Un rôle, quatre actrices… Avec ce récit fragmenté et intense, sur les pas d'une fille en quête d'amour et d'elle-même, l’aventureux réalisateur de "Michael Kohlhass" signe son film le plus incarné. Critique : Marcel Proust avait sa théorie des « moi » successifs : les personnes différentes, étrangères les unes aux autres, que nous devenons, au cours de notre vie. Il y a une idée de cet ordre dans le pari d'Arnaud des Pallières : restituer les métamorphoses d'une femme en la faisant jouer, tour à tour, par quatre actrices. On découvre l'héroïne presque trentenaire (Adèle Haenel). Puis on remonte le temps. On la voit à 20 ans (Adèle Exarchopoulos), jeune adolescente (Solène Rigot) et finalement enfant (Vega Cuzytek). Le réalisateur de Michael Kohlhaas (adaptation de Kleist avec Mads Mikkelsen, en 2013) vient du documentaire de création. Depuis Drancy Avenir (son premier long métrage, en 1996), ses films sont conçus comme des expériences. Orpheline n'a donc rien à voir avec ces fictions en plusieurs époques où l'on vieillit peu à peu le comédien. C'est moins le changement physique qui intéresse le cinéaste (trois des interprètes sont, en fait, très proches en âge) que la captation, à chaque étape, d'une nouvelle personnalité, d'un autre rapport au monde. En ce sens, la démarche rappellerait plutôt I'm not there (2007), où Todd Haynes faisait jouer Bob Dylan par six acteurs différents (dont Cate Blanchett...). L'unité secrète du portrait, au-delà des changements de visage (et même de prénom !) tient à une mise en scène qui, chez Arnaud des Pallières, n'avait jamais atteint un tel degré d'incarnation. Aucune des quatre actrices n'est moins captivante que les autres. Leur éclat et l'acuité du regard porté sur elles assurent une continuité. Et le scénario puise dans l'histoire personnelle de la coscénariste, Christelle Berthevas, fil conducteur intime et singulier. Enfant, l'héroïne est le témoin muet d'un drame qui la coupe symboliquement de sa famille et en fait cette « orpheline » des périodes suivantes. Le récit ne perd en intensité que dans les méandres amenés par le fait divers : à 20 ans, la jeune femme est mêlée à une affaire criminelle. Le plus beau, le plus troublant restent la demande d'amour immense, à la fois pathétique et motrice, qui taraude le personnage. Un puits sans fond, qui la fait se jeter dans les bras et le lit des hommes dès l'adolescence, quitte à les effaroucher où à en faire des pères de substitution — plusieurs belles scènes sur ce thème. Cette demande compulsive devient un danger pour l'héroïne au moment d'assurer sa subsistance, de se construire. Dès lors, le suspense final, où on la retrouve adulte, comme au tout début, porte moins sur les suites du dossier judiciaire que sur la possibilité d'une indépendance, enfin. — Louis Guichard

Année : 2016

film : drame

Un rôle, quatre actrices… Avec ce récit fragmenté et intense, sur les pas d'une fille en quête d'amour et d'elle-même, l’aventureux réalisateur de "Michael Kohlhass" signe son film le plus incarné. Critique : Marcel Proust avait sa théorie des « moi » successifs : les personnes différentes, étrangères les unes aux autres, que nous devenons, au cours de notre vie. Il y a une idée de cet ordre dans le pari d'Arnaud des Pallières : restituer les métamorphoses d'une femme en la faisant jouer, tour à tour, par quatre actrices. On découvre l'héroïne presque trentenaire (Adèle Haenel). Puis on remonte le temps. On la voit à 20 ans (Adèle Exarchopoulos), jeune adolescente (Solène Rigot) et finalement enfant (Vega Cuzytek). Le réalisateur de Michael Kohlhaas (adaptation de Kleist avec Mads Mikkelsen, en 2013) vient du documentaire de création. Depuis Drancy Avenir (son premier long métrage, en 1996), ses films sont conçus comme des expériences. Orpheline n'a donc rien à voir avec ces fictions en plusieurs époques où l'on vieillit peu à peu le comédien. C'est moins le changement physique qui intéresse le cinéaste (trois des interprètes sont, en fait, très proches en âge) que la captation, à chaque étape, d'une nouvelle personnalité, d'un autre rapport au monde. En ce sens, la démarche rappellerait plutôt I'm not there (2007), où Todd Haynes faisait jouer Bob Dylan par six acteurs différents (dont Cate Blanchett...). L'unité secrète du portrait, au-delà des changements de visage (et même de prénom !) tient à une mise en scène qui, chez Arnaud des Pallières, n'avait jamais atteint un tel degré d'incarnation. Aucune des quatre actrices n'est moins captivante que les autres. Leur éclat et l'acuité du regard porté sur elles assurent une continuité. Et le scénario puise dans l'histoire personnelle de la coscénariste, Christelle Berthevas, fil conducteur intime et singulier. Enfant, l'héroïne est le témoin muet d'un drame qui la coupe symboliquement de sa famille et en fait cette « orpheline » des périodes suivantes. Le récit ne perd en intensité que dans les méandres amenés par le fait divers : à 20 ans, la jeune femme est mêlée à une affaire criminelle. Le plus beau, le plus troublant restent la demande d'amour immense, à la fois pathétique et motrice, qui taraude le personnage. Un puits sans fond, qui la fait se jeter dans les bras et le lit des hommes dès l'adolescence, quitte à les effaroucher où à en faire des pères de substitution — plusieurs belles scènes sur ce thème. Cette demande compulsive devient un danger pour l'héroïne au moment d'assurer sa subsistance, de se construire. Dès lors, le suspense final, où on la retrouve adulte, comme au tout début, porte moins sur les suites du dossier judiciaire que sur la possibilité d'une indépendance, enfin. — Louis Guichard

Année : 2016

film : drame

Un rôle, quatre actrices… Avec ce récit fragmenté et intense, sur les pas d'une fille en quête d'amour et d'elle-même, l’aventureux réalisateur de "Michael Kohlhass" signe son film le plus incarné. Critique : Marcel Proust avait sa théorie des « moi » successifs : les personnes différentes, étrangères les unes aux autres, que nous devenons, au cours de notre vie. Il y a une idée de cet ordre dans le pari d'Arnaud des Pallières : restituer les métamorphoses d'une femme en la faisant jouer, tour à tour, par quatre actrices. On découvre l'héroïne presque trentenaire (Adèle Haenel). Puis on remonte le temps. On la voit à 20 ans (Adèle Exarchopoulos), jeune adolescente (Solène Rigot) et finalement enfant (Vega Cuzytek). Le réalisateur de Michael Kohlhaas (adaptation de Kleist avec Mads Mikkelsen, en 2013) vient du documentaire de création. Depuis Drancy Avenir (son premier long métrage, en 1996), ses films sont conçus comme des expériences. Orpheline n'a donc rien à voir avec ces fictions en plusieurs époques où l'on vieillit peu à peu le comédien. C'est moins le changement physique qui intéresse le cinéaste (trois des interprètes sont, en fait, très proches en âge) que la captation, à chaque étape, d'une nouvelle personnalité, d'un autre rapport au monde. En ce sens, la démarche rappellerait plutôt I'm not there (2007), où Todd Haynes faisait jouer Bob Dylan par six acteurs différents (dont Cate Blanchett...). L'unité secrète du portrait, au-delà des changements de visage (et même de prénom !) tient à une mise en scène qui, chez Arnaud des Pallières, n'avait jamais atteint un tel degré d'incarnation. Aucune des quatre actrices n'est moins captivante que les autres. Leur éclat et l'acuité du regard porté sur elles assurent une continuité. Et le scénario puise dans l'histoire personnelle de la coscénariste, Christelle Berthevas, fil conducteur intime et singulier. Enfant, l'héroïne est le témoin muet d'un drame qui la coupe symboliquement de sa famille et en fait cette « orpheline » des périodes suivantes. Le récit ne perd en intensité que dans les méandres amenés par le fait divers : à 20 ans, la jeune femme est mêlée à une affaire criminelle. Le plus beau, le plus troublant restent la demande d'amour immense, à la fois pathétique et motrice, qui taraude le personnage. Un puits sans fond, qui la fait se jeter dans les bras et le lit des hommes dès l'adolescence, quitte à les effaroucher où à en faire des pères de substitution — plusieurs belles scènes sur ce thème. Cette demande compulsive devient un danger pour l'héroïne au moment d'assurer sa subsistance, de se construire. Dès lors, le suspense final, où on la retrouve adulte, comme au tout début, porte moins sur les suites du dossier judiciaire que sur la possibilité d'une indépendance, enfin. — Louis Guichard

Année : 2016

film : drame

Le récit fulgurant d’une jeunesse sur un fil. Suzanne (Sara Forestier, très émouvante), mère à 17 ans, laisse tout pour vivre sa passion avec un délinquant à gueule d’ange. Critique : Suzanne, comme le standard de Leonard Cohen. Et le titre longtemps envisagé par Maurice Pialat pour A nos amours. A mi-chemin entre le lyrisme de la chanson et le naturel du film, Suzanne est aussi, désormais, le récit fulgurant d'une jeunesse sur un fil, de l'enfance à la trentaine. Elle tombe enceinte à 17 ans, encore lycéenne, et décide de garder l'enfant. Elle tombe amoureuse à 20 ans, mère célibataire, et décide de laisser son fils derrière elle pour vivre cette passion avec un délinquant à gueule d'ange. L'intensité du deuxième long métrage de Katell Quillévéré (après Un poison violent) tient beaucoup à tout ce qu'il élude. Sur le quart de siècle couvert par l'histoire, des périodes de plusieurs années sont laissées en blanc, et des événements cruciaux, escamotés. Les cavales, la violence et les délits ne sont pas filmés. Leurs conséquences sur les visages et sur les sentiments, oui. Après chaque ellipse, on découvre une nouvelle donne, on retrouve Suzanne confrontée un peu plus à son destin, assumant des choix incompréhensibles pour son entourage. Sara Forestier illumine ce personnage de grande amoureuse souvent interdite devant la brutalité de la vie, de cham­bre d'hôtel en cellule de prison. On ne l'avait pas vue aussi émouvante depuis L'Esquive, d'Abdellatif Kechiche, son premier film. Autre belle idée, la présence fantomatique, tenace, de Suzanne quand elle disparaît des radars : Katell Quillévéré filme les proches désarmés, incomplets, dévastés par le manque. Le père routier (François Damiens, touchant) laisse la photo de sa fille à un jeune auto-stoppeur dont l'errance lui rappelle cruellement Suzanne. La petite soeur ouvrière croit voir la fugitive au fond d'une boîte de nuit dans un flash stroboscopique — Adèle Haenel, douce et forte, superbe, est l'autre pilier du film. Cette façon qu'a la cinéaste de s'attacher à ceux qui restent devient un point de vue lumineux sur la famille : c'est la trajectoire d'une seule qui rythme et façonne l'existence des autres. Suzanne vit. Les siens ne font que réagir et s'adapter tant bien que mal. Or la mécanique peut s'inverser un jour, si quelque chose d'encore plus imprévisible que les actes de l'héroïne se produit... Le film va jusqu'au bout de son élan romanesque, passant et repassant par le cimetière où se trouve depuis le début la mère de Suzanne. Et laisse les survivants de l'odyssée familiale sonnés et incrédules, après l'orage, devant leur capacité intacte à s'aimer. Comme dans un célèbre roman de Maupassant, « la vie, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit ». — Louis Guichard Sortie le 18 décembre.

Année : 2013

jeudi 29 mars 2018

film : drame

Un rôle, quatre actrices… Avec ce récit fragmenté et intense, sur les pas d'une fille en quête d'amour et d'elle-même, l’aventureux réalisateur de "Michael Kohlhass" signe son film le plus incarné. Critique : Marcel Proust avait sa théorie des « moi » successifs : les personnes différentes, étrangères les unes aux autres, que nous devenons, au cours de notre vie. Il y a une idée de cet ordre dans le pari d'Arnaud des Pallières : restituer les métamorphoses d'une femme en la faisant jouer, tour à tour, par quatre actrices. On découvre l'héroïne presque trentenaire (Adèle Haenel). Puis on remonte le temps. On la voit à 20 ans (Adèle Exarchopoulos), jeune adolescente (Solène Rigot) et finalement enfant (Vega Cuzytek). Le réalisateur de Michael Kohlhaas (adaptation de Kleist avec Mads Mikkelsen, en 2013) vient du documentaire de création. Depuis Drancy Avenir (son premier long métrage, en 1996), ses films sont conçus comme des expériences. Orpheline n'a donc rien à voir avec ces fictions en plusieurs époques où l'on vieillit peu à peu le comédien. C'est moins le changement physique qui intéresse le cinéaste (trois des interprètes sont, en fait, très proches en âge) que la captation, à chaque étape, d'une nouvelle personnalité, d'un autre rapport au monde. En ce sens, la démarche rappellerait plutôt I'm not there (2007), où Todd Haynes faisait jouer Bob Dylan par six acteurs différents (dont Cate Blanchett...). L'unité secrète du portrait, au-delà des changements de visage (et même de prénom !) tient à une mise en scène qui, chez Arnaud des Pallières, n'avait jamais atteint un tel degré d'incarnation. Aucune des quatre actrices n'est moins captivante que les autres. Leur éclat et l'acuité du regard porté sur elles assurent une continuité. Et le scénario puise dans l'histoire personnelle de la coscénariste, Christelle Berthevas, fil conducteur intime et singulier. Enfant, l'héroïne est le témoin muet d'un drame qui la coupe symboliquement de sa famille et en fait cette « orpheline » des périodes suivantes. Le récit ne perd en intensité que dans les méandres amenés par le fait divers : à 20 ans, la jeune femme est mêlée à une affaire criminelle. Le plus beau, le plus troublant restent la demande d'amour immense, à la fois pathétique et motrice, qui taraude le personnage. Un puits sans fond, qui la fait se jeter dans les bras et le lit des hommes dès l'adolescence, quitte à les effaroucher où à en faire des pères de substitution — plusieurs belles scènes sur ce thème. Cette demande compulsive devient un danger pour l'héroïne au moment d'assurer sa subsistance, de se construire. Dès lors, le suspense final, où on la retrouve adulte, comme au tout début, porte moins sur les suites du dossier judiciaire que sur la possibilité d'une indépendance, enfin. — Louis Guichard

Année : 2016

film : drame

Un rôle, quatre actrices… Avec ce récit fragmenté et intense, sur les pas d'une fille en quête d'amour et d'elle-même, l’aventureux réalisateur de "Michael Kohlhass" signe son film le plus incarné. Critique : Marcel Proust avait sa théorie des « moi » successifs : les personnes différentes, étrangères les unes aux autres, que nous devenons, au cours de notre vie. Il y a une idée de cet ordre dans le pari d'Arnaud des Pallières : restituer les métamorphoses d'une femme en la faisant jouer, tour à tour, par quatre actrices. On découvre l'héroïne presque trentenaire (Adèle Haenel). Puis on remonte le temps. On la voit à 20 ans (Adèle Exarchopoulos), jeune adolescente (Solène Rigot) et finalement enfant (Vega Cuzytek). Le réalisateur de Michael Kohlhaas (adaptation de Kleist avec Mads Mikkelsen, en 2013) vient du documentaire de création. Depuis Drancy Avenir (son premier long métrage, en 1996), ses films sont conçus comme des expériences. Orpheline n'a donc rien à voir avec ces fictions en plusieurs époques où l'on vieillit peu à peu le comédien. C'est moins le changement physique qui intéresse le cinéaste (trois des interprètes sont, en fait, très proches en âge) que la captation, à chaque étape, d'une nouvelle personnalité, d'un autre rapport au monde. En ce sens, la démarche rappellerait plutôt I'm not there (2007), où Todd Haynes faisait jouer Bob Dylan par six acteurs différents (dont Cate Blanchett...). L'unité secrète du portrait, au-delà des changements de visage (et même de prénom !) tient à une mise en scène qui, chez Arnaud des Pallières, n'avait jamais atteint un tel degré d'incarnation. Aucune des quatre actrices n'est moins captivante que les autres. Leur éclat et l'acuité du regard porté sur elles assurent une continuité. Et le scénario puise dans l'histoire personnelle de la coscénariste, Christelle Berthevas, fil conducteur intime et singulier. Enfant, l'héroïne est le témoin muet d'un drame qui la coupe symboliquement de sa famille et en fait cette « orpheline » des périodes suivantes. Le récit ne perd en intensité que dans les méandres amenés par le fait divers : à 20 ans, la jeune femme est mêlée à une affaire criminelle. Le plus beau, le plus troublant restent la demande d'amour immense, à la fois pathétique et motrice, qui taraude le personnage. Un puits sans fond, qui la fait se jeter dans les bras et le lit des hommes dès l'adolescence, quitte à les effaroucher où à en faire des pères de substitution — plusieurs belles scènes sur ce thème. Cette demande compulsive devient un danger pour l'héroïne au moment d'assurer sa subsistance, de se construire. Dès lors, le suspense final, où on la retrouve adulte, comme au tout début, porte moins sur les suites du dossier judiciaire que sur la possibilité d'une indépendance, enfin. — Louis Guichard

Année : 2016

vendredi 6 avril 2018

film : drame

Un rôle, quatre actrices… Avec ce récit fragmenté et intense, sur les pas d'une fille en quête d'amour et d'elle-même, l’aventureux réalisateur de "Michael Kohlhass" signe son film le plus incarné. Critique : Marcel Proust avait sa théorie des « moi » successifs : les personnes différentes, étrangères les unes aux autres, que nous devenons, au cours de notre vie. Il y a une idée de cet ordre dans le pari d'Arnaud des Pallières : restituer les métamorphoses d'une femme en la faisant jouer, tour à tour, par quatre actrices. On découvre l'héroïne presque trentenaire (Adèle Haenel). Puis on remonte le temps. On la voit à 20 ans (Adèle Exarchopoulos), jeune adolescente (Solène Rigot) et finalement enfant (Vega Cuzytek). Le réalisateur de Michael Kohlhaas (adaptation de Kleist avec Mads Mikkelsen, en 2013) vient du documentaire de création. Depuis Drancy Avenir (son premier long métrage, en 1996), ses films sont conçus comme des expériences. Orpheline n'a donc rien à voir avec ces fictions en plusieurs époques où l'on vieillit peu à peu le comédien. C'est moins le changement physique qui intéresse le cinéaste (trois des interprètes sont, en fait, très proches en âge) que la captation, à chaque étape, d'une nouvelle personnalité, d'un autre rapport au monde. En ce sens, la démarche rappellerait plutôt I'm not there (2007), où Todd Haynes faisait jouer Bob Dylan par six acteurs différents (dont Cate Blanchett...). L'unité secrète du portrait, au-delà des changements de visage (et même de prénom !) tient à une mise en scène qui, chez Arnaud des Pallières, n'avait jamais atteint un tel degré d'incarnation. Aucune des quatre actrices n'est moins captivante que les autres. Leur éclat et l'acuité du regard porté sur elles assurent une continuité. Et le scénario puise dans l'histoire personnelle de la coscénariste, Christelle Berthevas, fil conducteur intime et singulier. Enfant, l'héroïne est le témoin muet d'un drame qui la coupe symboliquement de sa famille et en fait cette « orpheline » des périodes suivantes. Le récit ne perd en intensité que dans les méandres amenés par le fait divers : à 20 ans, la jeune femme est mêlée à une affaire criminelle. Le plus beau, le plus troublant restent la demande d'amour immense, à la fois pathétique et motrice, qui taraude le personnage. Un puits sans fond, qui la fait se jeter dans les bras et le lit des hommes dès l'adolescence, quitte à les effaroucher où à en faire des pères de substitution — plusieurs belles scènes sur ce thème. Cette demande compulsive devient un danger pour l'héroïne au moment d'assurer sa subsistance, de se construire. Dès lors, le suspense final, où on la retrouve adulte, comme au tout début, porte moins sur les suites du dossier judiciaire que sur la possibilité d'une indépendance, enfin. — Louis Guichard

Année : 2016

mercredi 13 juin 2018

film : comédie

Avec ses airs de comédie romantique dans les Landes, ce premier film se joue de tous les genres avec une drôlerie et une liberté grisantes. Critique : | Genre : Romcom de survie. D’un naturel pessimiste, Madeleine se prépare aux catastrophes qui ne manqueront pas de se produire dans un avenir proche : réchauffement climatique, pollution chimique, surpopulation… Dotée d’une carrure de videur, elle exerce sur toute chose un pragmatisme rugueux. « Pour quoi faire ? » demande-t-elle à l’imprudent qui lui propose une soirée en tête-à-tête. L’imprudent, c’est Arnaud, un jeune type un peu flottant qui s’apprête à reprendre l’entreprise de son père, tout juste décédé. Madeleine et Arnaud n’ont rien à faire ensemble et se retrouvent pourtant dans le même stage de survie de l’armée de terre… En observant le télescopage de ces deux personnages parfaitement op­posés, Thomas Cailley s’amuse avec les codes de la comédie romantique. Mais pas seulement. Ce jeune cinéaste glisse d’un genre à l’autre avec une aisance bluffante : du film de potes au récit catastrophe, en passant par la comédie militaire. Surprenant de bout en bout, Les Combattants aborde des sujets graves — la destruction de l’homme par l’homme, l’ultra-individualisme contemporain — avec un humour acide. La douceur et la sensualité ­surgissent comme par inadvertance — voir ce moment splendide où, dans la caserne, Arnaud et Madeleine se maquillent mutuellement pour un exercice de camouflage. Au fur et à mesure que les visages disparaissent sous la peinture, les cœurs se mettent à nu. L’amour désarme et la survie passera, aussi, par la solidarité.

Année : 2014

Avec : Thomas Cailley, Adele Haenel, Kévin Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, William Lebghil, Thibaut Berducat, Nicolas Wanczycki, Frédéric Pellegeay, Lionel Flairs, Benoît Rault, Philippe Deshaies, Thomas Cailley, Claude Le Pape, Paul Chapelle, David Cailley

film : comédie

Avec ses airs de comédie romantique dans les Landes, ce premier film se joue de tous les genres avec une drôlerie et une liberté grisantes. Critique : | Genre : Romcom de survie. D’un naturel pessimiste, Madeleine se prépare aux catastrophes qui ne manqueront pas de se produire dans un avenir proche : réchauffement climatique, pollution chimique, surpopulation… Dotée d’une carrure de videur, elle exerce sur toute chose un pragmatisme rugueux. « Pour quoi faire ? » demande-t-elle à l’imprudent qui lui propose une soirée en tête-à-tête. L’imprudent, c’est Arnaud, un jeune type un peu flottant qui s’apprête à reprendre l’entreprise de son père, tout juste décédé. Madeleine et Arnaud n’ont rien à faire ensemble et se retrouvent pourtant dans le même stage de survie de l’armée de terre… En observant le télescopage de ces deux personnages parfaitement op­posés, Thomas Cailley s’amuse avec les codes de la comédie romantique. Mais pas seulement. Ce jeune cinéaste glisse d’un genre à l’autre avec une aisance bluffante : du film de potes au récit catastrophe, en passant par la comédie militaire. Surprenant de bout en bout, Les Combattants aborde des sujets graves — la destruction de l’homme par l’homme, l’ultra-individualisme contemporain — avec un humour acide. La douceur et la sensualité ­surgissent comme par inadvertance — voir ce moment splendide où, dans la caserne, Arnaud et Madeleine se maquillent mutuellement pour un exercice de camouflage. Au fur et à mesure que les visages disparaissent sous la peinture, les cœurs se mettent à nu. L’amour désarme et la survie passera, aussi, par la solidarité.

Année : 2014

Avec : Thomas Cailley, Adèle Haenel, Kévin Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, William Lebghil, Thibaut Berducat, Nicolas Wanczycki, Frédéric Pellegeay, Lionel Flairs, Benoît Rault, Philippe Deshaies, Thomas Cailley, Claude Le Pape, Paul Chapelle, David Cailley

dimanche 17 juin 2018

film : comédie

Avec ses airs de comédie romantique dans les Landes, ce premier film se joue de tous les genres avec une drôlerie et une liberté grisantes. Critique : | Genre : Romcom de survie. D’un naturel pessimiste, Madeleine se prépare aux catastrophes qui ne manqueront pas de se produire dans un avenir proche : réchauffement climatique, pollution chimique, surpopulation… Dotée d’une carrure de videur, elle exerce sur toute chose un pragmatisme rugueux. « Pour quoi faire ? » demande-t-elle à l’imprudent qui lui propose une soirée en tête-à-tête. L’imprudent, c’est Arnaud, un jeune type un peu flottant qui s’apprête à reprendre l’entreprise de son père, tout juste décédé. Madeleine et Arnaud n’ont rien à faire ensemble et se retrouvent pourtant dans le même stage de survie de l’armée de terre… En observant le télescopage de ces deux personnages parfaitement op­posés, Thomas Cailley s’amuse avec les codes de la comédie romantique. Mais pas seulement. Ce jeune cinéaste glisse d’un genre à l’autre avec une aisance bluffante : du film de potes au récit catastrophe, en passant par la comédie militaire. Surprenant de bout en bout, Les Combattants aborde des sujets graves — la destruction de l’homme par l’homme, l’ultra-individualisme contemporain — avec un humour acide. La douceur et la sensualité ­surgissent comme par inadvertance — voir ce moment splendide où, dans la caserne, Arnaud et Madeleine se maquillent mutuellement pour un exercice de camouflage. Au fur et à mesure que les visages disparaissent sous la peinture, les cœurs se mettent à nu. L’amour désarme et la survie passera, aussi, par la solidarité.

Année : 2014

Avec : Thomas Cailley, Adèle Haenel, Kévin Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, William Lebghil, Thibaut Berducat, Nicolas Wanczycki, Frédéric Pellegeay, Lionel Flairs, Benoît Rault, Philippe Deshaies, Thomas Cailley, Claude Le Pape, Paul Chapelle, David Cailley

film : comédie

Avec ses airs de comédie romantique dans les Landes, ce premier film se joue de tous les genres avec une drôlerie et une liberté grisantes. Critique : | Genre : Romcom de survie. D’un naturel pessimiste, Madeleine se prépare aux catastrophes qui ne manqueront pas de se produire dans un avenir proche : réchauffement climatique, pollution chimique, surpopulation… Dotée d’une carrure de videur, elle exerce sur toute chose un pragmatisme rugueux. « Pour quoi faire ? » demande-t-elle à l’imprudent qui lui propose une soirée en tête-à-tête. L’imprudent, c’est Arnaud, un jeune type un peu flottant qui s’apprête à reprendre l’entreprise de son père, tout juste décédé. Madeleine et Arnaud n’ont rien à faire ensemble et se retrouvent pourtant dans le même stage de survie de l’armée de terre… En observant le télescopage de ces deux personnages parfaitement op­posés, Thomas Cailley s’amuse avec les codes de la comédie romantique. Mais pas seulement. Ce jeune cinéaste glisse d’un genre à l’autre avec une aisance bluffante : du film de potes au récit catastrophe, en passant par la comédie militaire. Surprenant de bout en bout, Les Combattants aborde des sujets graves — la destruction de l’homme par l’homme, l’ultra-individualisme contemporain — avec un humour acide. La douceur et la sensualité ­surgissent comme par inadvertance — voir ce moment splendide où, dans la caserne, Arnaud et Madeleine se maquillent mutuellement pour un exercice de camouflage. Au fur et à mesure que les visages disparaissent sous la peinture, les cœurs se mettent à nu. L’amour désarme et la survie passera, aussi, par la solidarité.

Année : 2014

Avec : Thomas Cailley, Adèle Haenel, Kévin Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, William Lebghil, Thibaut Berducat, Nicolas Wanczycki, Frédéric Pellegeay, Lionel Flairs, Benoît Rault, Philippe Deshaies, Thomas Cailley, Claude Le Pape, Paul Chapelle, David Cailley

mardi 21 août 2018

Drame

La petite Kiki passe son enfance à la campagne. Son existence est bouleversée par une tragique partie de cache-cache. Quelques années plus tard, l'adolescente, baptisée Karine, multiplie les fugues et les rencontres amoureuses pour échapper au foyer familial et à un père violent. A 20 ans, jeune provinciale devenue Sandra, elle monte à Paris. Les années passent, elle se fait appeler Renée et pense désormais être une femme accomplie, débarrassée de son passé...

Année : 2016

De : Arnaud des Pallières

Avec : Adele Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Vega Cuzytek, Gemma Arterton, Jalil Lespert, Nicolas Duvauchelle, Sergi Lopez, Karim Leklou, Robert Hunger-Bühler, Olivier Loustau

mardi 18 septembre 2018

Drame

Au début des années 90, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales...

Année : 2017

De : Robin Campillo

Avec : Arnaud Valois, Nahuel Pérez Biscayart, Adele Haenel, Antoine Reinartz, Félix Maritaud, Ariel Borenstein, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade, Médhi Touré, Simon Guélat, Coralie Russier, Catherine Vinatier

mardi 25 septembre 2018

Drame

Au début des années 90, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales...

Année : 2017

De : Robin Campillo

Avec : Arnaud Valois, Nahuel Pérez Biscayart, Adele Haenel, Antoine Reinartz, Félix Maritaud, Ariel Borenstein, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade, Médhi Touré, Simon Guélat, Coralie Russier, Catherine Vinatier

mercredi 26 septembre 2018

Comédie

Arnaud Labrède, qui vient d'enterrer son père, se prépare à passer l'été en compagnie de son frère et de sa mère pour travailler dans l'entreprise familiale. C'est alors qu'il croise le chemin de Madeleine Beaulieu, jeune femme entière, au caractère souvent déconcertant. Arnaud est immédiatement séduit par Madeleine, convaincue que l'humanité va à sa perte, et bien décidée à organiser sa propre survie. C'est pour celà qu'elle s'est inscrite à un cours de préparation militaire. Et c'est par amour qu'Arnaud, bien moins préparé qu'elle, va la suivre...

Année : 2014

De : Thomas Cailley

Avec : Adele Haenel, Kévin Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, William Lebghil, Thibaut Berducat, Nicolas Wanczycki, Frédéric Pellegeay, Steve Tientcheu, Franc Bruneau, Maxime Mège, Clément Allemand

jeudi 27 septembre 2018

Drame

Au début des années 90, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales...

Année : 2017

De : Robin Campillo

Avec : Arnaud Valois, Nahuel Pérez Biscayart, Adele Haenel, Antoine Reinartz, Félix Maritaud, Ariel Borenstein, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade, Médhi Touré, Simon Guélat, Coralie Russier, Catherine Vinatier

mardi 2 octobre 2018

Drame

Au début des années 90, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales...

Année : 2017

De : Robin Campillo

Avec : Arnaud Valois, Nahuel Pérez Biscayart, Adele Haenel, Antoine Reinartz, Félix Maritaud, Ariel Borenstein, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade, Médhi Touré, Simon Guélat, Coralie Russier, Catherine Vinatier

lundi 8 octobre 2018

Comédie

Arnaud Labrède, qui vient d'enterrer son père, se prépare à passer l'été en compagnie de son frère et de sa mère pour travailler dans l'entreprise familiale. C'est alors qu'il croise le chemin de Madeleine Beaulieu, jeune femme entière, au caractère souvent déconcertant. Arnaud est immédiatement séduit par Madeleine, convaincue que l'humanité va à sa perte, et bien décidée à organiser sa propre survie. C'est pour celà qu'elle s'est inscrite à un cours de préparation militaire. Et c'est par amour qu'Arnaud, bien moins préparé qu'elle, va la suivre...

Année : 2014

De : Thomas Cailley

Avec : Adele Haenel, Kévin Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, William Lebghil, Thibaut Berducat, Nicolas Wanczycki, Frédéric Pellegeay, Steve Tientcheu, Franc Bruneau, Maxime Mège, Clément Allemand

vendredi 12 octobre 2018

Drame

Au début des années 90, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales...

Année : 2017

De : Robin Campillo

Avec : Arnaud Valois, Nahuel Pérez Biscayart, Adele Haenel, Antoine Reinartz, Félix Maritaud, Ariel Borenstein, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade, Médhi Touré, Simon Guélat, Coralie Russier, Catherine Vinatier

dimanche 28 octobre 2018

Magazine du cinéma

«En liberté !», une comédie signée Pierre Salvadori, sort en salles le 31 octobre. Accompagné d'Adèle Haenel et Pio Marmaï, le réalisateur évoque le tournage du film.

Année : 2018

Avec : Adele Haenel, Pio Marmaï, Pierre Salvadori

Présenté par : Laurent Weil

lundi 29 octobre 2018

Magazine du cinéma

«En liberté !», une comédie signée Pierre Salvadori, sort en salles le 31 octobre. Accompagné d'Adèle Haenel et Pio Marmaï, le réalisateur évoque le tournage du film.

Année : 2018

Avec : Adele Haenel, Pio Marmaï, Pierre Salvadori

Présenté par : Laurent Weil

mercredi 31 octobre 2018
jeudi 1er novembre 2018

Magazine du cinéma

«En liberté !», une comédie signée Pierre Salvadori, sort en salles le 31 octobre. Accompagné d'Adèle Haenel et Pio Marmaï, le réalisateur évoque le tournage du film.

Année : 2018

Avec : Adele Haenel, Pio Marmaï, Pierre Salvadori

Présenté par : Laurent Weil

samedi 3 novembre 2018

Magazine du cinéma

«En liberté !», une comédie signée Pierre Salvadori, sort en salles le 31 octobre. Accompagné d'Adèle Haenel et Pio Marmaï, le réalisateur évoque le tournage du film.

Année : 2018

Avec : Adele Haenel, Pio Marmaï, Pierre Salvadori

Présenté par : Laurent Weil

jeudi 15 novembre 2018

Drame

Au début des années 90, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales...

Année : 2017

De : Robin Campillo

Avec : Arnaud Valois, Nahuel Pérez Biscayart, Adele Haenel, Antoine Reinartz, Félix Maritaud, Ariel Borenstein, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade, Médhi Touré, Simon Guélat, Coralie Russier, Catherine Vinatier

lundi 28 janvier
mercredi 30 janvier
lundi 11 février

Drame

En 1976, Agnès Le Roux, tout juste divorcée, revient à Nice après avoir vécu en Afrique. Sur place, elle tombe sous le charme de Maurice Agnelet, l'homme de confiance de sa mère Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée. Alors qu'Agnès se consume d'amour, lui continue à avoir des aventures. Manipulée par Maurice, Agnès veut sa part de l'héritage et accepte la proposition de 3 millions de francs de Fratoni, un mafieux local. En échange, elle doit voter contre sa mère au prochain conseil d'administration. Une décision qu'Agnès va regretter. Maurice finit par la quitter. Elle tente de se suicider et disparaît à la Toussaint 1977...

Année : 2014

De : André Téchiné

Avec : Catherine Deneuve, Guillaume Canet, Adele Haenel, Judith Chemla, Mauro Conte, Jean Corso, Pascal Mercier, Tamara De Leener, Jean-Pierre Getti, Jean-Marie Tiercelin, Peter Bonke, Laetitia Rossier

jeudi 14 février
vendredi 22 février

Drame

Au début des années 90, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales...

Année : 2017

De : Robin Campillo

Avec : Arnaud Valois, Nahuel Pérez Biscayart, Adele Haenel, Antoine Reinartz, Félix Maritaud, Ariel Borenstein, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade, Médhi Touré, Simon Guélat, Coralie Russier, Catherine Vinatier

Cérémonie

Le gratin du cinéma se retrouve à la Salle Pleyel, à Paris, pour suivre la remise des César 2019, la 44e cérémonie du genre, animée cette fois par Kad Merad. Le César de la Meilleure actrice sera attribué parmi Elodie Bouchez, Cécile de France, Léa Drucker, Virgine Efira, Adèle Haenel, Sandrine Kiberlain et Mélanie Thierry. Le Meilleur acteur sera choisi parmi Edouard Baer, Romain Duris, Vincent Lacoste, Gilles Lellouche, Alex Lutz, Pio Marmaï et Denis Ménochet. Quant au Meilleur film, il distinguera une oeuvre parmi «La Douleur» d'Emmanuel Finkiel, «En liberté !» de Pierre Salvadori, «Les Frères Sisters» de Jacques Audiard, «Le Grand Bain» de Gilles Lellouche, «Guy», d'Alex Lutz, «Jusqu'à la garde» de Xavier Legrand» et «Pupille» de Jeanne Herry.

Année : 2019

lundi 25 février

Drame

Enfant, Suzanne danse sur scène parmi d'autres fillettes et rayonne de fierté sous le regard de son père, Nicolas, et sa jeune soeur, Maria. Chauffeur routier, veuf, Nicolas se consacre à ses filles, qu'il préfère élever seul. Les années passent. Lycéenne, Suzanne, enceinte, décide de garder son enfant, bravant l'incompréhension de son père. Le petit Charly grandit. Entre Suzanne et Maria, la complicité reste très forte, même si Maria mûrit davantage. Sur un champ de courses, Suzanne rencontre Julien, un mauvais garçon séduisant. L'amour qui les unit est si profond que Suzanne s'enfuit, abandonnant Charly. Nicolas et Maria ne la revoient, deux ans plus tard, que dans le prétoire d'un tribunal...

Année : 2013

De : Katell Quillévéré

Avec : Sara Forestier, Lola Dueñas, François Damiens, Adele Haenel, Corinne Masiero, Paul Hamy, Anne Le Ny, Fanie Zanini, Karim Leklou, Hélène Alexandridis, Maxim Driesen, Jaime Da Cunha

lundi 4 mars

Drame

Enfant, Suzanne danse sur scène parmi d'autres fillettes et rayonne de fierté sous le regard de son père, Nicolas, et sa jeune soeur, Maria. Chauffeur routier, veuf, Nicolas se consacre à ses filles, qu'il préfère élever seul. Les années passent. Lycéenne, Suzanne, enceinte, décide de garder son enfant, bravant l'incompréhension de son père. Le petit Charly grandit. Entre Suzanne et Maria, la complicité reste très forte, même si Maria mûrit davantage. Sur un champ de courses, Suzanne rencontre Julien, un mauvais garçon séduisant. L'amour qui les unit est si profond que Suzanne s'enfuit, abandonnant Charly. Nicolas et Maria ne la revoient, deux ans plus tard, que dans le prétoire d'un tribunal...

Année : 2013

De : Katell Quillévéré

Avec : Sara Forestier, Lola Dueñas, François Damiens, Adele Haenel, Corinne Masiero, Paul Hamy, Anne Le Ny, Fanie Zanini, Karim Leklou, Hélène Alexandridis, Maxim Driesen, Jaime Da Cunha

mercredi 6 mars
jeudi 14 mars

Drame

Au début des années 90, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales...

Année : 2017

De : Robin Campillo

Avec : Arnaud Valois, Nahuel Pérez Biscayart, Adele Haenel, Antoine Reinartz, Félix Maritaud, Ariel Borenstein, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade, Médhi Touré, Simon Guélat, Coralie Russier, Catherine Vinatier

mercredi 19 juin
mardi 9 juillet

Drame

En 1789, la France est sur le point de changer le cours de son histoire. Alors que la colère gronde, Robespierre, Saint-Just, Marat et d'autres figures historiques prennent le contrôle du pays. Louis XVI est déterminé à sauver la royauté et, dans ce but, cherche des soutiens à l'étranger. Il prend la fuite avec sa famille, mais tous sont arrêtés à Varennes. Le roi est capturé et sera bientôt jugé et guillotiné. Les gens du peuple, parmi lesquels la jeune Françoise, maiss aussi Basile et la reine Audu, assistent et participent également à ces événements fondateurs...

Année : 2017

De : Pierre Schoeller

Avec : Gaspard Ulliel, Adele Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Laurent Lafitte, Noémie Lvovsky, Izïa Higelin, Céline Sallette, Niels Schneider, Denis Lavant, Johan Libéreau, Andrzej Chyra

samedi 13 juillet

Drame

En 1789, la France est sur le point de changer le cours de son histoire. Alors que la colère gronde, Robespierre, Saint-Just, Marat et d'autres figures historiques prennent le contrôle du pays. Louis XVI est déterminé à sauver la royauté et, dans ce but, cherche des soutiens à l'étranger. Il prend la fuite avec sa famille, mais tous sont arrêtés à Varennes. Le roi est capturé et sera bientôt jugé et guillotiné. Les gens du peuple, parmi lesquels la jeune Françoise, maiss aussi Basile et la reine Audu, assistent et participent également à ces événements fondateurs...

Année : 2017

De : Pierre Schoeller

Avec : Gaspard Ulliel, Adele Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Laurent Lafitte, Noémie Lvovsky, Izïa Higelin, Céline Sallette, Niels Schneider, Denis Lavant, Johan Libéreau, Andrzej Chyra

jeudi 18 juillet

Drame

En 1789, la France est sur le point de changer le cours de son histoire. Alors que la colère gronde, Robespierre, Saint-Just, Marat et d'autres figures historiques prennent le contrôle du pays. Louis XVI est déterminé à sauver la royauté et, dans ce but, cherche des soutiens à l'étranger. Il prend la fuite avec sa famille, mais tous sont arrêtés à Varennes. Le roi est capturé et sera bientôt jugé et guillotiné. Les gens du peuple, parmi lesquels la jeune Françoise, maiss aussi Basile et la reine Audu, assistent et participent également à ces événements fondateurs...

Année : 2017

De : Pierre Schoeller

Avec : Gaspard Ulliel, Adele Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Laurent Lafitte, Noémie Lvovsky, Izïa Higelin, Céline Sallette, Niels Schneider, Denis Lavant, Johan Libéreau, Andrzej Chyra

mardi 23 juillet

Drame

En 1789, la France est sur le point de changer le cours de son histoire. Alors que la colère gronde, Robespierre, Saint-Just, Marat et d'autres figures historiques prennent le contrôle du pays. Louis XVI est déterminé à sauver la royauté et, dans ce but, cherche des soutiens à l'étranger. Il prend la fuite avec sa famille, mais tous sont arrêtés à Varennes. Le roi est capturé et sera bientôt jugé et guillotiné. Les gens du peuple, parmi lesquels la jeune Françoise, maiss aussi Basile et la reine Audu, assistent et participent également à ces événements fondateurs...

Année : 2017

De : Pierre Schoeller

Avec : Gaspard Ulliel, Adele Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Laurent Lafitte, Noémie Lvovsky, Izïa Higelin, Céline Sallette, Niels Schneider, Denis Lavant, Johan Libéreau, Andrzej Chyra

mardi 30 juillet

Drame

En 1789, la France est sur le point de changer le cours de son histoire. Alors que la colère gronde, Robespierre, Saint-Just, Marat et d'autres figures historiques prennent le contrôle du pays. Louis XVI est déterminé à sauver la royauté et, dans ce but, cherche des soutiens à l'étranger. Il prend la fuite avec sa famille, mais tous sont arrêtés à Varennes. Le roi est capturé et sera bientôt jugé et guillotiné. Les gens du peuple, parmi lesquels la jeune Françoise, maiss aussi Basile et la reine Audu, assistent et participent également à ces événements fondateurs...

Année : 2017

De : Pierre Schoeller

Avec : Gaspard Ulliel, Adele Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Laurent Lafitte, Noémie Lvovsky, Izïa Higelin, Céline Sallette, Niels Schneider, Denis Lavant, Johan Libéreau, Andrzej Chyra

vendredi 2 août

Drame

En 1789, la France est sur le point de changer le cours de son histoire. Alors que la colère gronde, Robespierre, Saint-Just, Marat et d'autres figures historiques prennent le contrôle du pays. Louis XVI est déterminé à sauver la royauté et, dans ce but, cherche des soutiens à l'étranger. Il prend la fuite avec sa famille, mais tous sont arrêtés à Varennes. Le roi est capturé et sera bientôt jugé et guillotiné. Les gens du peuple, parmi lesquels la jeune Françoise, maiss aussi Basile et la reine Audu, assistent et participent également à ces événements fondateurs...

Année : 2017

De : Pierre Schoeller

Avec : Gaspard Ulliel, Adele Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Laurent Lafitte, Noémie Lvovsky, Izïa Higelin, Céline Sallette, Niels Schneider, Denis Lavant, Johan Libéreau, Andrzej Chyra

mercredi 21 août

Drame

La petite Kiki passe son enfance à la campagne. Son existence est bouleversée par une tragique partie de cache-cache. Quelques années plus tard, l'adolescente, baptisée Karine, multiplie les fugues et les rencontres amoureuses pour échapper au foyer familial et à un père violent. A 20 ans, jeune provinciale devenue Sandra, elle monte à Paris. Les années passent, elle se fait appeler Renée et pense désormais être une femme accomplie, débarrassée de son passé...

Année : 2016

De : Arnaud des Pallières

Avec : Adele Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Vega Cuzytek, Gemma Arterton, Jalil Lespert, Nicolas Duvauchelle, Sergi Lopez, Karim Leklou, Robert Hunger-Bühler, Olivier Loustau

mardi 3 septembre

Drame

La petite Kiki passe son enfance à la campagne. Son existence est bouleversée par une tragique partie de cache-cache. Quelques années plus tard, l'adolescente, baptisée Karine, multiplie les fugues et les rencontres amoureuses pour échapper au foyer familial et à un père violent. A 20 ans, jeune provinciale devenue Sandra, elle monte à Paris. Les années passent, elle se fait appeler Renée et pense désormais être une femme accomplie, débarrassée de son passé...

Année : 2016

De : Arnaud des Pallières

Avec : Adele Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Vega Cuzytek, Gemma Arterton, Jalil Lespert, Nicolas Duvauchelle, Sergi Lopez, Karim Leklou, Robert Hunger-Bühler, Olivier Loustau

dimanche 15 septembre
mardi 17 septembre
mercredi 18 septembre
vendredi 11 octobre

Drame

En 1789, la France est sur le point de changer le cours de son histoire. Alors que la colère gronde, Robespierre, Saint-Just, Marat et d'autres figures historiques prennent le contrôle du pays. Louis XVI est déterminé à sauver la royauté et, dans ce but, cherche des soutiens à l'étranger. Il prend la fuite avec sa famille, mais tous sont arrêtés à Varennes. Le roi est capturé et sera bientôt jugé et guillotiné. Les gens du peuple, parmi lesquels la jeune Françoise, maiss aussi Basile et la reine Audu, assistent et participent également à ces événements fondateurs...

Année : 2017

De : Pierre Schoeller

Avec : Gaspard Ulliel, Adele Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Laurent Lafitte, Noémie Lvovsky, Izïa Higelin, Céline Sallette, Niels Schneider, Denis Lavant, Johan Libéreau, Andrzej Chyra

vendredi 18 octobre

Drame

En 1789, la France est sur le point de changer le cours de son histoire. Alors que la colère gronde, Robespierre, Saint-Just, Marat et d'autres figures historiques prennent le contrôle du pays. Louis XVI est déterminé à sauver la royauté et, dans ce but, cherche des soutiens à l'étranger. Il prend la fuite avec sa famille, mais tous sont arrêtés à Varennes. Le roi est capturé et sera bientôt jugé et guillotiné. Les gens du peuple, parmi lesquels la jeune Françoise, maiss aussi Basile et la reine Audu, assistent et participent également à ces événements fondateurs...

Année : 2017

De : Pierre Schoeller

Avec : Gaspard Ulliel, Adele Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Laurent Lafitte, Noémie Lvovsky, Izïa Higelin, Céline Sallette, Niels Schneider, Denis Lavant, Johan Libéreau, Andrzej Chyra