Télévision : 24 mars à 21:10-23:00 sur TF1

film : comédie

C'est pour fêter les 40 ans de mariage de Claude et Marie, leurs parents, qu'Isabelle, Odile, Ségolène et Laure souhaitent organiser une cérémonie surprise afin de leur rendre hommage. Pour l'occasion, elles invitent les parents de leurs époux respectifs : Rachid, David, Chao et Charles, dans la maison familiale. Pour Claude et Marie, la période est chargée en émotion. Non seulement leurs filles et leurs gendres ont emménagé à Chinon, ce qui leur permet de les voir plus souvent, mais cette réunion des belles-familles promet également de beaux moments. Cependant, comme à chaque fois, rien ne va se passer comme prévu... - Critique : Un Juif, un Arabe, un Chinois, un Africain, quatre petites Françaises bien blanches à marier, leur maman souriante et leur papa raciste : lancée en 2014, la formule a rapporté des millions. Devenue une « cash machine », la saga Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu se poursuit avec cette troisième redite : cette fois, toute la smala des belles-familles « exotiques » est conviée chez les Verneuil et leurs quatre filles. Et cela ne change rien à rien. Une pique contre les Jaunes, un sourire, une vanne sur les Noirs, un sourire, c’est toujours la même tambouille. Qu’importe le nombre d’invités, de toute façon, tout le monde fait de la figuration. Y compris le réalisateur, qui torche ses scènes et bâcle ses gags. Une sortie en pleine campagne électorale va peut-être aider à démasquer la supercherie de cette comédie qui, dans une France où la xénophobie peut tenir lieu de programme politique, s’amuse avec le racisme ambiant tout en faisant comme s’il n’existait pas. On est à Chinon, on emmène les bons sauvages de Chine et d’ailleurs visiter Chambord, on rentre se restaurer dans la gentilhommière des Verneuil, puis on sort voir le gendre black qui interprète Jésus-Christ dans un petit théâtre à l’italienne. Tout est de bon goût. Pas de tensions communautaristes, pas de violences urbaines. Et quand le gendre juif construit un mur pour ne plus subir l’invasion de son jardin par le gendre arabe, qui, lui, creuse un tunnel pour y revenir, on les gronde comme deux garnements, en se hâtant de passer l’éponge sur cette unique référence à une réalité conflictuelle. Forcément très lointaine. Car dans la France de Qu’est-ce qu’on a tous fait au Bon Dieu, tout va bien. Naturellement, les étrangers ne sont pas français mais ce n’est pas si grave, les remarques racistes ne sont pas méchantes, et puis, à la fin, il y a une chanson de Johnny Hallyday pour mettre tout le monde d’accord : « Au-delà de nos différences, des coups de gueule, des coups de sang… On se ressemble 100 %. » Trois lots de consolation qui font craindre le pire À force de ne vouloir fâcher personne, cette comédie couarde semble même craindre le rire – parfois critique, contestataire, voire politique ! Sans pratiquement aucun scénario, les situations vaudevillesques se figent dans l’inanité. Et l’on se jette sur les trois lots de consolation. D’abord, Ségolène Verneuil, qui peint des croûtes représentant des horreurs, le seul personnage un peu écrit parmi les quatre filles, qui ne servent qu’à passer les plats. Cette fois, Ségo rencontre un galeriste allemand, on frôle l’humour « kartoffeln », c’est presque pimenté. Ensuite et par-dessus tout, viennent les Verneuil, Christian Clavier et Chantal Lauby. Ce sont eux qui tiennent la maison, on ne peut pas mieux dire. Sans leur façon commune de planer au-dessus de la mêlée (ils finissent même par un voyage en ballon), tout se casserait la figure. Mais ils sont là et grâce à eux, ne les remercions pas, un quatrième volet n’est pas exclu. À voir (ou pas) :t0: Qu’est-ce qu’on a tous fait au Bon Dieu ?, de Philippe de Chauveron. France (1h38). Avec : Christian Clavier, Chantal Lauby, Jochen Hägele. En salles.

Année : 2021

Avec : Alice David, Ary Abittan, Chantal Lauby, Christian Clavier, Elodie Fontan, Emilie Caen, Frédéric Chau, Frédérique Bel, Medi Sadoun, Noom Diawara, Pascal N'Zonzi, Salimata Kamaté