Télévision : 18 avril 2018 à 01:10-02:05 sur France 2

documentaire : culture

Pendant cinq ans, Angelo Milano a fait venir des artistes de street art du monde entier dans son village du sud de l'Italie : Grottaglie. Conduits par le père d'Angelo, ils sont revenus année après année pour peindre les murs et bousculer la ville. Critique : Logée dans le talon de la Botte italienne, Grottaglie est réputée depuis des temps immémoriaux pour sa production de céramiques. Natif de cette petite ville des Pouilles, l’artiste Angelo Milano y a grandi dans un ennui propice à l’imagination — « rien de mieux, selon lui, qu’un désert culturel pour faire ce que tu veux ». Il y a créé une galerie-imprimerie, point de départ d’une aventure dont Fame, réalisé avec le Tarentin Giacomo Abbruzzese, dresse le récit. Celui d’un festival multipliant les créations de rue, fresques monumentales réalisées sans autorisation et autres manifestations rompant avec la tradition locale. Porté par un commentaire plein de malice, le documentaire vaut pour le ton qu’il cultive, allègre jusqu’à l’exubérance, traduisant à l’écran l’esprit gentiment libertaire de la démarche de Milano. Les meilleures scènes de Fame sont ainsi celles qui nous font rire, celles qui le montrent déconnant seul ou avec sa mère, embarquée par moments à son corps défendant dans les délires de son fils. Moins convaincant est le récit proprement dit de l’aventure, qui se termine sur une (auto-)destruction volontaire quand, le succès croissant, le risque d’institutionnalisation se fait gravement sentir. Saturé de musiques et d’effets visuels, Fame est une œuvre récréative qui se suit avec grand plaisir mais laisse moins de traces en soi que la peinture sur les murs.

De : Angelo Milano