Livre/BD : 30 mars

Une maison "perdue dans les Alpes du Sud", celles de l'enfance, celles de la Mère. Le personnage revient sur cette terre âpre et rude qui raconte le passé, l'histoire fondatrice. Un besoin impérieux, vital. Les images recherchées se succèdent, l'envahissent jusqu'au dégoût, jusqu'au combat... jusqu'à la réconciliation. Sébastien Klotz nous offre un premier texte très fort, à l'écriture serrée. Les arbres du jardin palpitent, la terre vit. On ne s'y perd pas, on retient son souffle et on s'y trouve, comme le personnage du récit. Quand un premier texte retient l'attention de tout le comité de lecture, on se dit qu'on tient là une pépite, et c'est le cas. Sébastien Klotz n'en est pas à son coup d'essai, il écrit régulièrement, depuis longtemps, mais c'est la première fois qu'il propose un de ses textes à l'édition. Une écriture resserrée, pas un mot en trop, pour mener ce récit qu'on ne peut lâcher avant la fin. Sans pathos mais avec pudeur et délicatesse, l'auteur dresse un portrait très émouvant de la mère, personnage central de l'histoire. On traverse une époque qu'on croirait très lointaine, où la vie rurale ne faisait aucun cadeau, surtout si l'on était une femme, de surcroît une femme seule avec un enfant. Cet enfant, c'est lui qui raconte, c'est lui qui revient, adulte, pour affronter ses souvenirs. C'est noir, c'est dur mais c'est aussi généreux et tendre. Sébastien Klotz sait jouer avec la langue et nous proposer des images fortes, évocatrices avec très peu de mots. L'apaisement vient et avec lui la force et le désir de construire autre chose.

Editeur : Parole Editions (Broché)

De : Sébastien Klotz